Une nouvelle découverte bouleverse les concepts scientifiques anciens concernant le centre de l’attention
Washington, le 24 juin /QNA/ Des chercheurs de l’Université Johns Hopkins aux États Unis ont découvert un groupe de neurones anciens sur le plan évolutif, situés dans le tronc cérébral, qui jouent un rôle essentiel dans la régulation de l’attention et de la concentration. Ces résultats pourraient ouvrir la voie au développement de nouveaux traitements pour des troubles tels que l’hyperactivité avec déficit de l’attention et l’autisme.
Les chercheurs ont identifié ces neurones dans une région du cerveau commune à tous les vertébrés, y compris l’être humain, ce qui suggère que les mécanismes de l’attention sont bien plus anciens qu’on ne le pensait auparavant.
L’attention sélective est une fonction vitale qui permet aux humains et aux animaux de se concentrer sur les informations importantes et d’ignorer les distractions environnantes. Son importance se manifeste dans des situations quotidiennes, comme suivre une conversation dans un lieu bondé ou reconnaître une personne au milieu d’une foule.
Selon le chercheur Shreesh Mysore, le spécialiste des circuits neuronaux liés au comportement, la désactivation de ces neurones chez les souris les rendait plus sensibles aux distractions, même mineures, tandis que leur réactivation le lendemain leur permettait de retrouver la capacité d’ignorer les stimuli non pertinents.
Pendant longtemps, les scientifiques ont supposé que le contrôle de l’attention repose principalement sur le cortex préfrontal, une région très développée chez l’homme et les primates. Mais cette explication ne suffisait pas à comprendre comment les oiseaux, les poissons et d’autres vertébrés pouvaient eux aussi se concentrer. Le chercheur Ninad Kothari a indiqué que les résultats suggèrent l’existence d’un mécanisme neuronal plus ancien, responsable de cette fonction.
L’équipe a identifié un circuit inhibiteur dans le tronc cérébral qui semble diriger l’attention spatiale chez les souris. Lors des expériences, celles ci devaient se focaliser sur des signaux visuels précis tout en ignorant des informations parasites apparaissant sur les côtés de l’écran. Elles ont bien réussi la tâche, mais leur capacité de concentration a nettement diminué après la désactivation des neurones découverts.
Les chercheurs estiment que l’importance de cette découverte dépasse la compréhension des mécanismes de l’attention et pourrait contribuer à mettre au point des traitements plus ciblés pour l’hyperactivité, le déficit de l’attention et l’autisme. Mr Mysore a ajouté que les preuves actuelles laissent penser que ces neurones existent aussi chez l’Homme, ce qui incite l’équipe à étudier leur activité chez des patients à l’avenir.
Bien que les résultats reposent encore sur des expériences menées sur des souris, les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les études avant de confirmer leur application thérapeutique chez l’homme. Ils considèrent néanmoins cette avancée comme une étape importante vers une compréhension plus profonde du fonctionnement du cerveau et de la manière dont il régule l’attention.
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