Ouverture des travaux de la cinquième Conférence de l’UNESCO sur l’enseignement supérieur dans les pays arabes à Doha
Doha, le 2 novembre /QNA/ Les travaux de la cinquième Conférence de l’UNESCO sur l’enseignement supérieur dans les États arabes se sont ouverts aujourd’hui à Doha. La conférence, organisée par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur en coopération avec l’UNESCO et la Commission nationale qatarienne pour l’éducation, la culture et les sciences, se déroule sur deux jours autour des nouvelles perspectives de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur des États arabes.
La séance d’ouverture s’est déroulée en présence de Son Excellence Mme Lolwah bint Rashid bin Mohammed Al Khater, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, de Son Excellence le Dr Nasser bin Hamad Al Hanzab, président du Conseil exécutif de l’UNESCO et délégué permanent de l’État du Qatar auprès de l’Organisation, ainsi que de Son Excellence M. Salah Khaled, directeur du bureau régional de l’UNESCO pour les États du Golfe et le Yémen à Doha, aux côtés de nombreux universitaires, experts, décideurs et représentants d’universités et d’organisations régionales et internationales.
Dans son allocution, Son Excellence la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a souligné que l’avenir de l’enseignement supérieur dans le monde arabe nécessitait de renforcer la coopération entre les universités et les établissements académiques, ainsi que de mieux coordonner les efforts afin de relever les défis actuels et futurs. Ces défis concernent notamment la continuité de l’enseignement dans les zones de conflit, le recours aux technologies de l’intelligence artificielle ainsi que la préservation de la langue arabe au sein de l’écosystème de production des connaissances.
Son Excellence a indiqué que les universités arabes avaient accompli, au cours des deux dernières décennies, des progrès notables en matière d’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur et de développement des établissements universitaires et de recherche. Elle a également relevé des avancées dans les indicateurs de parité entre les sexes : les femmes représentent désormais 52 % des étudiants inscrits en licence et 57 % de ceux inscrits en master dans la région arabe, tandis que leur proportion au sein du corps enseignant est passée de 32 % en 2000 à 44 % aujourd’hui.
Elle a toutefois souligné que ces avancées ne sauraient occulter les disparités qui persistent entre les universités arabes, confrontées à des difficultés de financement, à la fuite des compétences et à l’interruption des activités éducatives dans plusieurs pays de la région, notamment en Palestine, au Soudan, au Yémen et en Syrie.
Son Excellence la ministre a indiqué que, selon les estimations de l’UNESCO, 95 % des campus universitaires de la bande de Gaza avaient été détruits ou endommagés, dont 22 universités entièrement détruites. Elle a également précisé que 124 universités et établissements d’enseignement technique au Soudan avaient subi des destructions ou des dommages.
Elle a estimé que la préservation du patrimoine scientifique et intellectuel de la région constitue une responsabilité arabe collective, qui exige d’offrir aux étudiants touchés la possibilité de poursuivre leurs études, de soutenir les chercheurs et de mettre en place des partenariats garantissant la continuité de l’enseignement et de la recherche scientifique.
Abordant les transformations technologiques, Son Excellence Mme Lolwah Al Khater a expliqué que l’intelligence artificielle influence désormais directement la mission fondamentale des universités, depuis la production et l’évaluation des connaissances jusqu’à la définition des compétences requises pour les diplômés. Elle a signalé qu’une enquête menée par l’UNESCO montre que seuls 19 % des établissements d’enseignement supérieur étudiés ont adopté des politiques officielles relatives à l’intelligence artificielle.
Son Excellence a appelé les universités arabes à contribuer à l’élaboration de cadres de gouvernance pour ces technologies et à développer des méthodes d’évaluation renforçant les capacités d’analyse, de réflexion critique et de créativité des étudiants, tout en favorisant un apprentissage authentique.
Son Excellence la ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer la présence de la langue arabe dans le développement des technologies modernes. Elle a salué le modèle linguistique « Fanar », mis au point par l’Institut de recherche en informatique du Qatar, relevant de l’Université Hamad Bin Khalifa, et appelé les établissements universitaires à adopter et à enrichir les modèles linguistiques arabes, afin de faire de cette initiative un projet commun à l’échelle du monde arabe.
Elle a indiqué que la Convention arabe révisée sur la reconnaissance des études, certificats et diplômes de l’enseignement supérieur est entrée en vigueur en avril dernier après sa ratification par cinq États, dont l’État du Qatar. Elle a annoncé que Doha accueillera la première réunion de son comité régional et a invité les autres pays arabes à y adhérer.
Son Excellence a affirmé que la réalisation du quatrième Objectif de développement durable, relatif à une éducation inclusive, équitable et de qualité pour tous, nécessite la protection du droit à l’apprentissage des étudiants touchés par les crises, le renforcement de la reconnaissance mutuelle des qualifications et l’élargissement des possibilités de mobilité des étudiants et des chercheurs entre les pays arabes.
En conclusion, Son Excellence Mme Lolwah bint Rashid bin Mohammed Al Khater a exprimé l’espoir que les échanges de cette conférence permettent de définir des priorités communes aux États arabes pour l’après-2030, axées sur la protection, la production et la diffusion du savoir. Elle a expliqué que l’enjeu n’était pas d’uniformiser les universités arabes, mais de consolider les synergies entre elles afin d’élargir les perspectives offertes aux étudiants et aux chercheurs de la région.
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