De la génétique à la table… des avancées scientifiques révèlent le lien entre les aliments et les maladies chroniques
Doha, 29 juin /QNA/ Dans une avancée susceptible de marquer un changement majeur dans le domaine des sciences de la nutrition et de la prévention sanitaire, des chercheurs de l’Université du Queensland en Australie ont mis au point une méthodologie analytique innovante permettant de distinguer les aliments susceptibles de favoriser l’apparition de maladies chroniques de ceux associés à de meilleurs résultats pour la santé. Cette approche repose sur l’analyse des facteurs génétiques liés aux sens du goût et de l’odorat chez l’être humain.
L’étude a révélé que ces facteurs génétiques influencent de manière significative les préférences alimentaires et, par conséquent, le risque de développer des maladies chroniques. Les personnes dont les variations génétiques les orientent vers une consommation accrue d’aliments riches en fibres, fruits, légumes et céréales complètes, jouissent généralement d’une meilleure santé et présentent un risque réduit de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité.
À l’inverse, certains profils génétiques favorisant la préférence pour les aliments riches en graisses, en sucres ou ultra-transformés sont associés à une augmentation du risque de maladies chroniques.
Les chercheurs estiment que cette méthodologie pourrait ouvrir la voie à une nutrition personnalisée (Personalized Nutrition), permettant de concevoir des régimes adaptés aux caractéristiques génétiques de chaque individu, afin de prévenir les maladies chroniques et d’améliorer la santé globale.
Ils ont toutefois affirmé que les gènes ne déterminent pas à eux seuls le régime alimentaire ou le destin sanitaire d’une personne : ils constituent un facteur parmi d’autres, aux côtés du mode de vie, de l’activité physique, de l’environnement et des habitudes alimentaires, qui peuvent être modifiés pour réduire les risques.
Cette étude revêt une importance particulière dans un contexte où les maladies chroniques non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’obésité et certains cancers, représentent l’un des défis majeurs pour les systèmes de santé à l’échelle mondiale.
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 160 mille personnes et examiné 325 gènes liés au goût et à l’odorat, afin de mieux comprendre l’impact des caractéristiques biologiques individuelles sur les choix alimentaires et les différents modes de consommation.
L’étude de l’Université du Queensland indique que les sens du goût et de l’odorat jouent un rôle biologique fondamental dans la formation des préférences alimentaires. Celles-ci ne dépendent pas uniquement des habitudes sociales ou des conditions économiques, mais sont également influencées par les différences génétiques. La méthodologie proposée cherche à établir un lien de causalité entre l’alimentation et les maladies chroniques, un défi majeur en sciences de la nutrition. Les résultats s’inscrivent dans la tendance mondiale vers la nutrition de précision, qui vise à concevoir des recommandations personnalisées tenant compte de la constitution génétique de chaque individu, notamment pour prévenir des maladies comme le diabète de type 2, l’obésité et l’hypertension artérielle.
Selon Shama Al Ahmad, les facteurs environnementaux tels que la culture alimentaire, le niveau social et le milieu de vie exercent une influence plus directe sur le comportement alimentaire, bien que la prédisposition biologique soit enracinée dans les gènes. Elle considère que la relation est complémentaire entre la génétique et l’environnement, et que le rôle des spécialistes est de trouver un équilibre intelligent entre ces deux dimensions afin de proposer des plans thérapeutiques réalistes et applicables. Elle rappelle que cette nouvelle approche ne remplace pas les essais cliniques traditionnels, mais constitue un outil prometteur pour améliorer la précision des recherches et approfondir la compréhension des liens entre alimentation et santé. Avec le développement continu des techniques d’analyse génétique, les chercheurs estiment que cette démarche contribuera à bâtir une base scientifique plus solide pour élaborer des politiques nutritionnelles et des programmes de prévention visant à réduire la propagation des maladies chroniques et à améliorer la qualité de vie à l’échelle mondiale.
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