Le Secrétaire général de l’OPEP à QNA: La stabilité des marchés pétroliers demeure notre priorité absolue, et non la maîtrise des prix
Doha, le 6 septembre /QNA/ Son Excellence Mr Haitham Al-Ghais, Secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), a affirmé que l’organisation plaçait la stabilité et l’équilibre des marchés mondiaux du pétrole au premier rang de ses priorités stratégiques, soulignant que ses politiques ne visaient pas à orienter ou à déterminer l’évolution des prix du pétrole.
Dans un entretien exclusif accordé à l’Agence de presse du Qatar (QNA), Son Excellence a exprimé sa profonde confiance dans la pertinence des décisions de l’organisation, estimant que les historiens de l’économie reconnaîtront, à l’avenir, le rôle central et positif joué par l’alliance «OPEP+ » dans la protection de l’économie mondiale contre les fortes fluctuations de l’approvisionnement énergétique.
Il a révélé que les pays membres de l’organisation ont eu recours à des solutions et itinéraires logistiques alternatifs, en coopération avec des partenaires régionaux et internationaux, afin d’atténuer les effets des restrictions d’approvisionnement provoquées par les tensions géopolitiques dans le détroit d’Ormuz et de garantir la continuité des flux énergétiques vers les marchés mondiaux.
Dans ce contexte, il a précisé que les récents développements affectant la sécurité des voies maritimes au Moyen-Orient constituent une situation temporaire pour laquelle des mesures préventives ont déjà été mises en œuvre. Il a souligné que les pays membres avaient fait preuve d’une grande flexibilité et d’un engagement historique en tant que fournisseurs fiables d’énergie, ajoutant que le pétrole continuerait de jouer un rôle essentiel dans la vie quotidienne et que la diplomatie demeurait le meilleur moyen d’apporter des solutions durables.
Le Secrétaire général de l’OPEP a également mis en garde contre le risque d’un déficit de financement dans le secteur pétrolier conventionnel.
Il a indiqué que, pour répondre à la croissance attendue de la demande mondiale, il serait nécessaire d’investir au total 17 700 milliards de dollars dans le secteur pétrolier d’ici à 2050.
Il a ajouté que les prévisions à long terme figurant dans le rapport de l’OPEP intitulé Perspectives mondiales du pétrole 2050 tablent sur une hausse de la demande mondiale de pétrole à 124 millions de barils par jour à l’horizon 2050. Cette progression serait alimentée par une augmentation de la population mondiale de 1,4 milliard de personnes, un doublement de la taille de l’économie mondiale et la poursuite de l’expansion urbaine.
Son Excellence a par ailleurs proposé une nouvelle approche des politiques climatiques, appelant à remplacer le concept de « transition énergétique » par celui d’«ajout énergétique». Il a souligné qu’en 2025, le monde avait enregistré des niveaux de consommation records de charbon, de pétrole, de gaz naturel et d’énergies renouvelables simultanément.
Il a estimé que les différentes sources d’énergie étaient complémentaires plutôt que concurrentes, expliquant que la fabrication des éoliennes, des panneaux solaires et des composants des réseaux électriques dépend largement des dérivés pétroliers et des matières plastiques. Il a également rappelé que 655 millions de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à l’électricité et que près de 2 milliards d’individus ne disposent pas de combustibles de cuisson sûrs, ce qui exige, selon lui, une approche globale intégrant toutes les sources d’énergie, toutes les technologies et l’ensemble des populations.
S’agissant des perspectives à court terme du marché, Son Excellence a déclaré : « Les fondamentaux du marché demeurent solides. Nous prévoyons une croissance de l’économie mondiale de 3 % en 2026, soutenue par le dynamisme de l’économie américaine et les investissements massifs dans l’intelligence artificielle dans plusieurs pays asiatiques, notamment la Chine et l’Inde. »
Sur cette base, M. Haitham Al-Ghais prévoit une augmentation de la demande mondiale de pétrole de 600 000 barils par jour en 2026, portée par les économies d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. Dans le même temps, la production de liquides pétroliers hors alliance « OPEP+ » devrait progresser de 600 000 barils par jour pour atteindre 54,8 millions de barils par jour, sous l’impulsion principalement du Brésil, des États-Unis, du Canada et de l’Argentine.
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