Le Qatar adresse deux lettres identiques au Secrétaire général de l’ONU et au Président du Conseil de sécurité en réponse à une communication du chargé d’affaires de la Mission permanente de l’Iran
New York, le 4 septembre /QNA/ L’État du Qatar a adressé deux lettres identiques à Son Excellence M. Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, et à Son Excellence M. Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès de l’ONU et président du Conseil de sécurité pour le mois de septembre, en réponse à une communication du chargé d’affaires de la délégation permanente de la République islamique d’Iran.
Les lettres, transmises par Son Excellence Cheikha Alya Ahmed bin Saif Al Thani, représentante permanente du Qatar auprès des Nations Unies, affirment que les allégations formulées par l’Iran ne sauraient constituer un fondement juridique aux attaques injustifiées et illégales menées contre le Qatar depuis le 28 février 2026. Ces attaques constituent une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies, dont l’article 2 (4) interdit le recours ou la menace de recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État.
Les lettres rappellent que la résolution 2817 (2026) du Conseil de sécurité a condamné ces attaques en des termes très fermes, les qualifiant de menace grave pour la paix et la sécurité internationales, et a exigé de l’Iran qu’il cesse immédiatement toute action contraire au droit international. Elles soulignent également que la définition de l’agression consacrée par la résolution 3314 (XXIX) de l’Assemblée générale des Nations Unies stipule clairement que le bombardement du territoire d’un autre État ou l’emploi d’armes contre celui-ci constitue un acte d’agression. Cette définition s’applique aux frappes répétées de missiles et de drones iraniens contre le Qatar. De même, le blocus du détroit d’Ormuz décidé par l’Iran relève de cette définition.
Les lettres rejettent l’argument iranien fondé sur l’article 51 de la Charte concernant le droit à la légitime défense, estimant que les conditions d’application ne sont pas réunies dans le cas des attaques terrestres, maritimes et aériennes contre le Qatar. Elles rappellent que les résolutions du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l’homme (61/1) confirment le droit naturel des États à se défendre face à de telles agressions.
Le Qatar a par ailleurs notifié à plusieurs reprises le Conseil de sécurité des attaques iraniennes visant des infrastructures civiles, des navires commerciaux et des installations énergétiques, en violation des Conventions de Genève de 1949 et de leur protocole additionnel, notamment les dispositions relatives à la protection des civils et des biens civils. La résolution 2817 (2026) a également condamné les frappes visant les zones résidentielles ainsi que les pertes en vies humaines, et exigé de l’Iran qu’il respecte ses obligations au regard du droit international humanitaire.
Les lettres soulignent que ces actes illicites engagent la responsabilité internationale de l’Iran, qui est tenu de réparer intégralement les dommages causés au Qatar. Elles rejettent par ailleurs toute tentative iranienne de renverser les responsabilités en exigeant du Qatar des compensations, estimant que ces revendications sont dépourvues de tout fondement.
Enfin, le Qatar réitère son exigence de voir respectée la liberté de navigation internationale dans le détroit d’Hormuz, principe fondamental du droit international, et rejette toute tentative de l’utiliser comme instrument de pression. Les lettres concluent en condamnant fermement les attaques illégales de l’Iran et en réaffirmant le droit du Qatar à obtenir une réparation intégrale ainsi qu’à exercer son droit à la légitime défense, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations Unies, afin de préserver sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts nationaux.
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