Un responsable de l'ONU: Le Soudan reste confronté à une grave crise alimentaire et à des déplacements de population
New York, le 15 septembre /QNA/ Un haut responsable de l’ONU a averti que le Soudan continuait de faire face à la plus grave crise alimentaire et de déplacement de population au monde.
Environ 20 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, tandis que 14 millions ont été déplacées. Il a souligné que le manque de financement pourrait contraindre les agences humanitaires des Nations unies à réduire considérablement leurs opérations dans les semaines à venir.
À l’issue d’une visite de huit jours au Soudan, le Directeur exécutif par intérim du Programme alimentaire mondial (PAM), Carl Skau, a indiqué qu’environ cinq millions de personnes étaient confrontées à une situation d’urgence alimentaire, classée au niveau 4 de la Classification intégrée des phases de sécurité alimentaire (IPC), tandis que près de 200 000 personnes se trouvaient au niveau 5, correspondant à une situation de famine.
Il a également expliqué que l’accès aux populations dans le besoin était devenu extrêmement difficile. Ainsi, le trajet entre El Obeid et El Fasher, qui prenait environ six heures avant le conflit, nécessite désormais jusqu’à trois jours.
Mr Skau a ajouté que les travailleurs humanitaires ne parviennent souvent pas à franchir les lignes de front pour atteindre les communautés situées dans les zones les plus touchées.
Évoquant la situation à El Fasher, il a souligné que les conditions y étaient exceptionnellement difficiles. La ville, qui comptait autrefois près d’un million d’habitants et constituait un important centre régional, a subi un siège de 18 mois, marqué par la famine et de graves violations humanitaires.
Le responsable onusien a toutefois relevé certaines améliorations, notamment grâce à la distribution accrue d’abris temporaires, tels que des bâches en plastique et des toiles permettant aux familles de se protéger des intempéries. Le PAM a également élargi ses opérations et apporte actuellement une assistance à quelque 950 000 personnes à El Fasher chaque mois. Malgré ces efforts, l’aide demeure insuffisante.
Selon lui, les familles ne reçoivent que des demi-rations alimentaires, couvrant à peine deux semaines de besoins. Il a en outre indiqué que de nombreux foyers sont dirigés par des femmes ayant perdu leur mari ou leurs fils, dans un contexte marqué par de graves pénuries dans les domaines de l’éducation, des soins de santé, du logement et des espaces sûrs destinés aux enfants.
Mr Skau a également averti que la sécheresse accentuait les difficultés auxquelles la population est confrontée. Il a précisé que le Darfour n’avait pas connu une sécheresse d’une telle ampleur depuis 1984, alors même que la saison des pluies est en cours, suscitant de vives inquiétudes quant à ses répercussions sur l’agriculture et l’élevage.
Malgré ces défis, il a affirmé que le PAM poursuivait son assistance à entre quatre et cinq millions de personnes chaque mois, dont entre deux et deux millions et demi vivant dans des zones difficiles d’accès.
Enfin, il a indiqué que le principal obstacle aux opérations du Programme demeurait le manque de financement, avertissant que l’agence pourrait être contrainte de réduire fortement ses activités dans les semaines à venir si elle ne reçoit pas de ressources supplémentaires.
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