Une étude scientifique révèle le rôle du fructose dans la stimulation de la réapparition des tumeurs cancéreuses
Washington, le 17 août /QNA/ Une étude scientifique récente a démontré un mécanisme permettant aux cellules cancéreuses qui survivent à la chimiothérapie de favoriser la propagation de la tumeur vers d'autres parties du corps et sa réapparition. Les chercheurs ont identifié le fructose comme un élément clé des signaux émis par ces cellules vers les cellules cancéreuses voisines.
Selon cette étude menée par des chercheurs de l'Institut Wistar, spécialisé dans la recherche sur le cancer à Philadelphie (États-Unis), les travaux se sont concentrés sur le cancer de l’ovaire séreux de haut grade, la forme la plus fréquente des cancers ovariens avancés, responsable d’environ 75 % des décès liés au cancer de l’ovaire. Les chercheurs ont également étudié le sécrétome (Secretome), soit l’ensemble des protéines, peptides, métabolites et vésicules extracellulaires sécrétés ou éliminés par les cellules.
Ils ont recueilli les sécrétions produites par des cellules cancéreuses entrées en état de sénescence après une exposition au cisplatine, puis les ont injectées à des souris porteuses de tumeurs.
Les résultats ont montré que la chimiothérapie élimine généralement la majorité des cellules cancéreuses, mais qu’une partie d’entre elles entre dans un état appelé sénescence cellulaire induite par la chimiothérapie, dans lequel les cellules cessent de se diviser et de proliférer sans pour autant mourir.
De manière surprenante, les chercheurs ont constaté que l’inflammation habituellement associée aux cellules sénescentes n’était pas responsable de cet effet. Après avoir retiré les protéines et les grosses vésicules des sécrétions, ils ont découvert qu’un composant métabolique spécifique est à l’origine du processus de dissémination tumorale.
Grâce à une série d’expériences et d’analyses par élimination, ils ont identifié le fructose comme la molécule de signalisation utilisée par les cellules cancéreuses sénescentes pour stimuler la propagation du cancer. Ces sécrétions, à elles seules, se sont révélées suffisantes pour augmenter la taille des tumeurs et favoriser leur dissémination à d’autres régions de l’organisme.
Dr Aidan Cole, le chercheur à l’Institut Wistar et premier auteur de l’étude, a déclaré : "Ces cellules ne sont plus capables de se diviser pour former une tumeur, mais elles restent capables de communiquer avec les autres cellules qui la composent. La nature exacte de cette communication demeure encore largement méconnue".
Il a ajouté : "Cette modification de la manière dont les cellules utilisent les nutriments et produisent de l’énergie entraîne plusieurs effets secondaires, notamment l’arrêt de leur propre production de cholestérol. Il existe également un lien étroit avec le fait que le sucre constitue une source essentielle d’énergie pour les cellules cancéreuses, qui sont capables de reprogrammer leur métabolisme et de convertir le glucose en fructose".
English
Français
Deutsch
Español
русский
हिंदी
اردو