Des scientifiques américains découvrent un mécanisme commun entre une maladie rare touchant les enfants et la maladie d’Alzheimer
Washington, le 16 août /QNA/ Des chercheurs américains ont découvert une voie cellulaire clé commune entre une maladie rare touchant les enfants et la maladie d’Alzheimer, beaucoup plus répandue, révélant ainsi un mécanisme commun de détérioration du cerveau dans les deux cas.
L’étude, menée par une équipe scientifique de l’Université de Californie à San Diego, montre comment les cellules immunitaires du cerveau, appelées microglies, réagissent à l’accumulation de déchets cellulaires, et comment cette réaction peut passer d’un rôle défensif à un effet destructeur. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre et traiter les maladies neurodégénératives.
Dans le cadre de cette étude, les experts de l’université ont mené des expériences en laboratoire sur plusieurs modèles animaux de ce trouble. Ils ont observé que ces déchets s’accumulent dans plusieurs types de cellules, mais que les microglies du cerveau sont les plus touchées. Celles-ci gonflent, se remplissent de lipides et de protéines, et perdent leur capacité à protéger les neurones.
Les chercheurs ont identifié une famille de protéines appelée MITF/TFE, qui agit comme des interrupteurs génétiques majeurs. Ces protéines passent de l’état "arrêt" à l’état "marche" lorsque les enzymes lysosomales de dégradation présentes dans les microglies sont soumises à un stress excessif. Cela modifie leur programme génétique dans une tentative de protéger le cerveau. Toutefois, avec le temps, cette réponse devient inadaptée et se transforme en moteur de l’inflammation et de la mort des neurones.
Les chercheurs ont également constaté que ces mêmes interrupteurs génétiques sont activés dans les microglies des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Cela suggère que le processus de stress provoqué par l’échec des lysosomes dans le syndrome de Sanfilippo est le même que celui observé dans le cerveau des personnes atteintes d’Alzheimer. Contrairement aux maladies neurologiques complexes liées au vieillissement, le syndrome de Sanfilippo a une cause génétique claire et directe. Les chercheurs ont aussi relevé que ces cellules tentent de réduire les dommages aux premiers stades de la maladie avant de s’épuiser, ce qui indique qu’une intervention précoce, au moyen d’une thérapie de remplacement enzymatique ou de thérapies cellulaires, pourrait être plus efficace si elle intervient avant que les cellules immunitaires ne basculent vers un état nocif. Cette avancée représente un nouvel espoir dans le traitement de ces maladies difficiles à soigner.
Dr Christopher Balak, l’auteur principal de l’étude et chercheur au laboratoire de l’université, a précisé que cette découverte fournit un cadre clair pour étudier les maladies neurodégénératives courantes et comprendre leurs mécanismes. Il a indiqué que de nombreux chercheurs pensent que les plaques amyloïdes, qui se forment à l’extérieur des microglies, provoquent la défaillance des lysosomes depuis l’extérieur. Toutefois, leur étude a démontré que les dommages peuvent provenir directement de l’intérieur même de la cellule, et que les lysosomes seuls suffisent à provoquer une neurodégénérescence, ce qui pourrait également s’appliquer à de grandes maladies comme Alzheimer.
L’importance de cette découverte réside dans le fait qu’elle ouvrira la voie à de futures recherches visant à développer de nouveaux médicaments visant ces interrupteurs génétiques, plutôt que les approches traditionnelles centrées sur les récepteurs situés à la surface des cellules. Cela pourrait permettre de maintenir les microglies dans un état protecteur et de les empêcher de provoquer des lésions cérébrales.
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