Gaza : l’entité israélienne rejette le plan du Conseil de paix et décide de poursuivre son agression contre le territoire
Doha, le 10 août /QNA/ Dans une nouvelle démonstration d’intransigeance, le Premier ministre de l’entité israélienne, Benjamin Netanyahou, a rejeté le plan du « Conseil de paix » concernant la bande de Gaza, auquel le mouvement Hamas avait donné son accord le mois dernier, confirmant ainsi une ligne politique qui continue de faire obstacle aux initiatives de paix au Moyen-Orient.
Après plus d’une semaine de critiques formulées par l’entité israélienne contre ce plan, Netanyahou a annoncé son rejet explicite, déclarant lors d’une réunion de son gouvernement dimanche que « Israël refuse le document composé de quinze points ». Il a ajouté que l’armée d’occupation poursuivrait ses attaques dans la bande de Gaza et n’effectuerait aucun retrait tant que le désarmement du Hamas ne serait pas réalisé de manière effective, selon ses termes.
Il a indiqué que l’entité israélienne menait des discussions avec les États‑Unis au sujet du plan. Selon la télévision israélienne, Washington fait pression pour mettre fin aux hostilités sur les trois fronts -Gaza, Liban et Iran -, une position qui aurait été clairement exprimée par l’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, lors de sa récente visite à Tel-Aviv.
Par ailleurs, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s’est entretenu par téléphone avec Nikolaï Mladenov, haut représentant du Conseil de paix pour Gaza. Selon le ministère égyptien des Affaires étrangères, l’entretien a porté sur le suivi de la mise en œuvre de la feuille de route de la paix, Abdelatty soulignant l’importance du respect de tous les engagements convenus, notamment l’entrée complète, sûre et durable de l’aide humanitaire et l’achèvement du retrait israélien de Gaza.
À la suite de l’élection de Khalil Al Hayya à la tête de son bureau politique, le mouvement Hamas avait réaffirmé son soutien au plan américain, appelant les États-Unis à faire pression sur Netanyahou pour en assurer la mise en œuvre. Basem Naim, membre du bureau politique du mouvement, a affirmé que Hamas attend des médiateurs et du garant américain qu’ils contraignent Netanyahou et son gouvernement à respecter la feuille de route et à ne pas entraver le processus pour des raisons politiques ou électorales.
Nikolaï Mladenov a plaidé en faveur du plan en quinze points, estimant qu’il constituait « la seule voie possible pour aller de l’avant ». Il a exprimé l’espoir que les discussions en cours avec l’entité israélienne aboutissent à un résultat positif pour tous. Il a toutefois rappelé que l’entité israélienne ne serait tenue à aucun engagement tant que le Hamas n’aurait pas été entièrement désarmé, tandis que Netanyahou insiste pour faire de ce désarmement une condition préalable au retrait, plutôt qu’une étape inscrite dans un processus réciproque. Le gouvernement israélien s’oppose également à ce que les armes du Hamas soient remises à une nouvelle force de police palestinienne.
La position de Netanyahou fait suite aux vives critiques exprimées par des membres de l’extrême droite de sa coalition, alors que des responsables américains soulignent que le plan reprend les grandes lignes d’une initiative antérieure déjà acceptée par l’entité israélienne.
Ce refus ouvre une nouvelle confrontation autour de l’avenir de la phase suivante de l’accord de cessez-le-feu, en inversant l’ordre d’exécution des engagements : la partie palestinienne serait appelée à agir en premier, tandis que l’entité israélienne déciderait ensuite de son retrait. Cette situation soulève ainsi des interrogations quant à l’identité de la partie appelée à engager la mise en œuvre de l’accord et aux garanties permettant d’éviter que l’entité israélienne ne revienne sur ses engagements une fois ses objectifs atteints.
Les observateurs estiment que la réussite de tout accord sur Gaza ne dépend pas uniquement de la formulation de ses clauses, mais surtout de la mise en place de mécanismes de contrôle efficaces et de garanties claires permettant d’assurer le respect des engagements pris par les différentes parties. Ils n’excluent pas non plus que les huit pays arabes et islamiques ayant salué la position palestinienne exercent des pressions politiques sur les États-Unis afin de les inciter à contenir leur allié israélien et à empêcher Netanyahou de poursuivre sa politique de manœuvres et de provocation. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour déterminer si la position de Netanyahou relève d’une simple manœuvre politique dictée par ses calculs internes et régionaux, ou si elle traduit une volonté réelle de faire obstacle au plan de paix et de le ramener à son point de départ afin de le remodeler conformément aux exigences israéliennes.
Cette feuille de route trouve son origine dans l’annonce faite le 31 juillet dernier par le Conseil de paix et le président américain Donald Trump, faisant état de l’accord du Hamas sur la mise en œuvre de la prochaine phase du cessez-le-feu. Le plan prévoit le retrait israélien de Gaza et le placement des armes du mouvement sous contrôle, dans le cadre d’une initiative en vingt points présentée par le président Donald Trump. Cette initiative prévoit également l’échange de prisonniers, le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif, la mise en place d’une administration technocratique et le déploiement d’une force internationale chargée de la stabilisation du territoire.
Malgré les démarches politiques et diplomatiques entreprises aux niveaux arabe et international, ainsi que la libération de tous les prisonniers israéliens par le Hamas, les forces israéliennes continuent leurs attaques et leurs violations répétées du cessez-le-feu entré en vigueur à Gaza le 10 octobre dernier, faisant 1 258 morts et 4 139 blessés parmi les Palestiniens.
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