Le ministre d’État au ministère des Affaires étrangères : La médiation qatarie est le reflet d’une conviction constitutionnelle profondément enracinée
Londres, le 9 juillet /QNA/ Son Excellence Dr. Mohammed bin Abdulaziz Al Khulaifi, ministre d’État au ministère des Affaires étrangères, a affirmé que le Qatar ne considère pas la médiation comme un simple instrument de sa politique étrangère, mais comme le reflet d’une conviction constitutionnelle profondément enracinée. Il a rappelé que l’article 7 de la Constitution du Qatar stipule que la politique extérieure de l’État repose sur le renforcement de la paix et de la sécurité internationales par des moyens pacifiques de règlement des différends.
Dans une allocution intitulée "Le Qatar : L’avenir de la diplomatie et de la médiation… les opportunités et les défis" prononcée à l’Institut royal des Affaires internationales, Chatham House à Londres, Son Excellence a assuré que l’approche qatarie n’a jamais consisté à hiérarchiser les relations, mais à les préserver, notamment en période de profondes divergences. Il a insisté sur le fait que le dialogue avec toutes les parties ne doit pas être interprété comme un accord avec elles, mais que le maintien de canaux ouverts en temps de crise peut représenter la contribution la plus responsable qu’une puissance moyenne puisse offrir. Le ministre a conclu que le dialogue n’est pas une récompense pour un consensus, mais bien le chemin qui y mène.
Son Excellence a indiqué que, si l’influence internationale a longtemps été liée à la puissance militaire, économique ou à l’expansion géopolitique, le monde d’aujourd’hui impose de repenser cette idée. Selon lui, dans un contexte marqué par des divisions croissantes, une compétition stratégique intense et des conflits complexes, la capacité à maintenir ouvertes les canaux de dialogue lorsque d’autres estiment cela impossible est devenue l’une des formes les plus précieuses de pouvoir d’influence.
Dans sa définition du concept de médiation, Son Excellence a déclaré : "La médiation n’est plus seulement un outil diplomatique, mais une nécessité stratégique".
Il a précisé l’imbrication des dimensions militaires, politiques, économiques, technologiques et humaines dans les conflits contemporains, qui ne concernent plus uniquement les États, mais aussi les organisations internationales, les acteurs non étatiques, les entreprises et l’opinion publique mondiale.
Dans ce contexte, Son Excellence a expliqué que construire la paix pendant le conflit, et non après son terme, est devenu une exigence croissante, reflétant la vision du Qatar d’une diplomatie proactive et d’une médiation conçue comme un pilier stratégique de la gouvernance internationale.
Son Excellence le ministre d’État a expliqué que le paysage international en mutation exige une nouvelle diplomatie fondée sur la patience pour bâtir la confiance, la flexibilité pour s’adapter aux crises et la crédibilité pour dialoguer avec toutes les parties, même lorsque les canaux de communication s’effondrent.
Il a noté que les conflits ne sont plus uniquement façonnés par les gouvernements, mais aussi par des groupes armés, des organisations internationales, des agences humanitaires, des institutions financières, des entreprises technologiques et même des individus influents à l’échelle numérique mondiale. Selon lui, l’Intelligence Artificielle peut accélérer la diffusion de fausses informations, tandis que les cyberattaques risquent de paralyser les efforts diplomatiques, et l’opinion publique se durcit parfois avant même que les négociateurs ne s’assoient à la table. D’où la nécessité d’une diplomatie plus rapide, plus souple et plus résiliente, sans renoncer à la patience qui fonde la confiance.
Son Excellence ministre d’État a affirmé que la médiation est désormais une nécessité stratégique dans un monde où la technologie accroît l’interconnexion des sociétés, mais où la construction et le maintien de la confiance politique deviennent plus difficiles.
Il a précisé que les grandes puissances restent des fondementrs essentiels de la paix et de la sécurité internationales, que les puissances régionales jouent un rôle naturel dans leur environnement, tandis que les puissances intermédiaires se distinguent par leur capacité à faciliter l’obtention de compromis plutôt qu’à les imposer. Elles y parviennent en maintenant les canaux de communication ouverts, en préservant le dialogue malgré les divisions politiques et en offrant l’espace diplomatique nécessaire pour parvenir à des solutions consensuelles.
Son Excellence le ministre d’État, Dr. Mohammed bin Abdulaziz Al Khulaifi a indiqué que la crédibilité constitue pour les puissances intermédiaires une valeur supérieure à la force, car un médiateur ne peut ni contraindre les parties à négocier ni imposer une réconciliation. Son influence repose sur la confiance, qu’elle soit liée à l’équité du traitement, à la confidentialité des discussions ou à l’engagement de la médiation au service de la paix plutôt que d’intérêts politiques. Il a ajouté que si la neutralité absolue est rare dans les relations internationales, l’équité reste toujours possible, et qu’un médiateur efficace est celui qui bénéficie de la confiance des parties dans la gestion responsable des relations.
Son Excellence a également distingué les objectifs du médiateur de ceux des parties en conflit : alors que les protagonistes cherchent à protéger leurs intérêts politiques, sécuritaires ou économiques, le médiateur vise à créer les conditions permettant de poursuivre ces intérêts par le dialogue plutôt que par la violence. Les résultats de la médiation sont donc déterminés par les parties elles-mêmes, tandis que la responsabilité du médiateur se limite à maintenir ouverte la possibilité d’un accord.
Son Excellence a expliqué que l’expérience du Qatar montre que la réussite d’une médiation repose sur trois fondements essentiels : l’accessibilité, la confiance et la persévérance. L’accessibilité consiste à maintenir ouverts les canaux de communication avec toutes les parties, même lorsque le dialogue devient politiquement inacceptable. La confiance se construit grâce à la cohérence, à la confidentialité et à la fiabilité. Quant à la persévérance, souvent sous-estimée, elle est indispensable car les processus de paix ne suivent jamais une trajectoire linéaire : ils connaissent des blocages, reprennent et évoluent. Son Excellence a également insisté sur le fait que la diplomatie ne se mesure pas aux gros titres de la presse, mais aux résultats durables qu’elle parvient à obtenir.
Son Excellence le ministre d’État, Dr. Mohammed bin Abdulaziz Al Khulaifi, a expliqué que l’expérience du Qatar dans la facilitation des négociations en Afghanistan, le soutien aux efforts humanitaires et aux libérations d’otages à Gaza, la promotion du dialogue au Tchad ou encore la médiation en République démocratique du Congo, démontre que "toutes les expériences précédentes affirment que l’avancement durable ne résulte pas de percées soudaines, il se construit plutôt à travers un engagement patient, une persévérance discrète et une volonté politique constante de poursuivre le dialogue, même lorsque certains estiment qu’il a échoué".
Son Excellence a indiqué que le médiateur ne peut pas créer une volonté politique inexistante, mais qu’il doit avant tout maintenir les canaux de dialogue ouverts lorsque des opportunités de paix apparaissent. Il a indiqué que le succès de la médiation est généralement attribué aux parties elles-mêmes qui choisissent le compromis, tandis que le rôle du médiateur consiste à accompagner ce changement de trajectoire.
Il a expliqué également que les diplomates travaillent aujourd’hui sous une surveillance publique constante, où chaque pause est perçue comme un échec et chaque retard suscite des spéculations, tandis que les discussions confidentielles peuvent devenir des gros titres. Selon lui, la confiance ne peut pas être construite à la vitesse des réseaux sociaux, et les algorithmes ne créent pas le consensus, car la réconciliation reste une démarche profondément humaine.
À partir des expériences passées, il a observé que les phases finales des négociations reposent davantage sur le courage politique que sur les détails techniques, et que les accords durent lorsque les parties comprennent que la poursuite du conflit coûte plus cher que les concessions. Il a assuré que la valeur de la médiation ne se limite pas aux accords conclus, mais inclut aussi la prévention de l’escalade, l’accès à l’aide humanitaire, la réduction des malentendus et le maintien du dialogue.
Enfin, Son Excellence le ministre d’État a prédit que la demande de médiations fiables augmentera face aux défis du changement climatique, de l’Intelligence Artificielle, de la compétition pour les ressources, des migrations déséquilibrées, des pandémies et de l’influence croissante des acteurs non étatiques, ce qui impose d’investir dans les capacités diplomatiques en parallèle des moyens militaires et économiques, et de considérer la médiation comme une base fondamentale de la paix et de la sécurité internationales.
En conclusion de son discours, Son Excellence Dr. Mohammed bin Abdulaziz Al Khulaifi, le ministre d’État au ministère des Affaires étrangères, a cité le leader défunt Nelson Mandela : "Si tu veux faire la paix avec ton ennemi, tu dois travailler avec ton ennemi". Il a affirmé que cette vérité incarne l’essence même de la médiation, où le dialogue devient d’autant plus nécessaire qu’il est politiquement difficile.
Son Excellence a assuré que l’influence des puissances intermédiaires ne se mesure pas à la taille de leurs armées ou de leurs économies, mais à un élément plus difficile à acquérir et plus facile à perdre : la confiance. Selon lui, l’avenir ne sera pas façonné uniquement par la force, mais aussi par ceux qui possèdent la patience de bâtir la confiance, la détermination de maintenir le dialogue quand d’autres perdent espoir, et la sagesse de comprendre que les divergences les plus profondes ne doivent pas nécessairement se transformer en conflits permanents.
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