Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères : les réunions techniques entre l'Iran et les États-Unis se poursuivent, sans rencontres de haut niveau
Doha, le 30 juin /QNA/ La visite des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner à Doha s'inscrit dans le cadre des consultations avec les médiateurs sur plusieurs dossiers régionaux, a indiqué le docteur Majed bin Mohammed Al Ansari, conseiller du Premier ministre et porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Il a précisé qu'il n'y a actuellement pas de rencontres de haut niveau entre les parties iranienne et américaine dans le cadre du mécanisme de négociation convenu.
Lors du point de presse hebdomadaire du ministère des Affaires étrangères, le docteur Al Ansari a indiqué que les réunions techniques entre les parties se poursuivent de manière soutenue depuis l'ouverture du cycle de discussions à Lausanne, sous des formats directs et indirects, ainsi qu'à travers des consultations avec les différentes parties concernées.
Il a souligné l'attachement du Qatar à la pérennisation de ce mécanisme, conformément aux modalités convenues, pour assurer la continuité des réunions techniques entre les sessions des délégations de haut niveau.
Les délégations techniques iranienne et américaine, a‑t‑il précisé, demeurent en session, ces réunions se poursuivant dans différents cadres avec l'appui des médiateurs, à Doha ou ailleurs.
Interrogé sur la récente escalade dans le détroit d'Ormuz, le porte-parole a indiqué que le Qatar s'efforce de contenir la situation, et que les négociations techniques se poursuivent en dépit des tensions. Il a rappelé que l'escalade ne fait qu'accentuer les divergences, et que le détroit, le nucléaire iranien et la situation régionale sont au cœur des discussions, conformément au mémorandum. Il a réaffirmé la position constante du Qatar en faveur d'une libre navigation dans cette voie d'eau internationale.
Le porte-parole a précisé que la délégation américaine, actuellement à Doha, y mène des entretiens avec les médiateurs et les responsables qataris. Les discussions portent sur les questions régionales prioritaires, notamment la situation au Liban, a‑t‑il indiqué, en précisant qu'aucun pourparler direct n'est engagé avec la partie iranienne.
Le docteur Al Ansari a rappelé que les fonds gelés proviennent d'un accord conclu en 2023 entre Washington et Téhéran, prévoyant un canal humanitaire au Qatar pour des achats destinés à la République islamique. Le Qatar, a‑t‑il précisé, n'en est pas propriétaire, mais agit comme intermédiaire financier. Leur transfert, a‑t‑il ajouté, dépend de l'accord des deux parties et de l'évolution des négociations, ce qui n'a pas encore été décidé.
Le porte-parole a réaffirmé la position constante du Qatar en faveur du droit international de la mer, qui garantit la liberté de navigation dans le détroit. Cette position, a‑t‑il souligné, est partagée avec les pays de la région, les États du Golfe et la communauté internationale. Il a fermement rejeté toute modification unilatérale du statut du détroit, et a indiqué que le Qatar maintient une coordination étroite avec les pays de la région, en particulier avec le sultanat d'Oman, dans le cadre de consultations quotidiennes visant à assurer la sécurité du transit.
Le docteur Al Ansari a précisé que la première phase des arrangements porte sur le déminage et la sécurisation du transit dans le détroit, la priorité étant la sécurité des équipages et des navires de commerce. Il a noté que certains navires ont traversé sans incident, tandis que d'autres ont été pris pour cible.
Il a par ailleurs exprimé la gratitude du Qatar pour le rôle joué par le sultanat d'Oman, et a réaffirmé la pleine solidarité du Qatar avec Oman en cas d'atteinte à sa souveraineté.
Interrogé sur les réparations de guerre, le porte-parole a estimé que la guerre est une perte pour tous, et que la priorité du Qatar est d'y mettre fin, de rétablir la navigation et de protéger les populations. Il a jugé le déminage complexe, s'est dit ouvert à une assistance technique internationale, tout en rappelant que les modalités relèvent des décideurs régionaux.
Le docteur Al Ansari a indiqué que des canaux de communication ont été ouverts pour faciliter la désescalade, réaffirmant la conviction du Qatar que le dialogue est la voie pour résoudre les différends régionaux. Il a noté la poursuite des discussions sur des mécanismes fondés sur le respect de la souveraineté et la prise en compte des préoccupations sécuritaires. Le porte-parole a souligné que la guerre a fragilisé les relations régionales et la sécurité maritime, et que le retour à la normale nécessite une réflexion approfondie. Il a réaffirmé que le dialogue reste la seule option, et que des solutions régionales doivent être trouvées. Enfin, il a rappelé que les garanties dépendent de la réalité sur le terrain – cessez‑le‑feu, mémorandum et négociations soutenues par le Qatar et le Pakistan – et que la priorité est une solution pacifique.
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