Hausse des températures et incendies de forêt : des conséquences croissantes de la crise climatique
Doha, le 3 juin /QNA/ Les avertissements concernant les conséquences de la hausse des températures, qui ont atteint cette année des niveaux records sans précédent, se sont multipliés récemment. Cette situation résulte notamment du puissant phénomène El Niño et du réchauffement climatique provoqué par la pollution liée aux émissions des véhicules, des usines et à l’utilisation des combustibles fossiles.
Parallèlement, la baisse des précipitations dans plusieurs régions du monde a entraîné une sécheresse généralisée ainsi que des incendies dans les forêts, les terres agricoles et les zones boisées, déclenchant une alerte mondiale précoce appelant à une mobilisation des États et des organisations compétentes afin d’en limiter autant que possible les effets.
Les climatologues ont averti qu’un large éventail de phénomènes météorologiques extrêmes pourrait se développer sous l’effet de la combinaison d’un puissant épisode El Niño et du réchauffement climatique au cours des cinq prochaines années. Selon de nouvelles prévisions climatiques des Nations Unies, la Terre devrait dépasser à plusieurs reprises le seuil climatique international considéré comme sûr et battre ses records de chaleur.
Parmi les derniers foyers touchés figure un incendie de forêt dévastateur dans la région écologiquement sensible de Kotli Sattian, dans la province du Pendjab, à l’est du Pakistan, qui a détruit environ 3 037 hectares de couvert forestier naturel répartis sur 25 sites, selon les données satellitaires de l’Agence nationale pakistanaise de recherche spatiale et atmosphérique.
Ces forêts jouent un rôle essentiel dans la protection des bassins versants liés aux fleuves Indus et Jhelum. La catastrophe risque de perturber gravement la saison de reproduction des oiseaux et de la faune locale, tout en détruisant de jeunes pousses essentielles à la régénération forestière.
Selon l’organisation World Weather Attribution, spécialisée dans l’étude du rôle du réchauffement climatique dans les phénomènes météorologiques extrêmes, les incendies ont ravagé plus de 370,66 millions d’acres de terres à travers le monde depuis le début de l’année jusqu’au mois de mai, dont environ 210 millions d’acres en Afrique, soit une hausse de 20 % par rapport au précédent record.
Paradoxalement, ces incendies massifs sont survenus après une saison de fortes pluies, lesquelles ont favorisé une croissance abondante de la végétation qui s’est ensuite transformée en combustible naturel sous l’effet de la sécheresse et des vagues de chaleur. Les scientifiques qualifient ce phénomène de « hydroclimate whiplash », caractérisé par une alternance brutale entre inondations et sécheresses.
Face à cette situation, l’Union européenne prépare dès à présent sa plus vaste opération de lutte contre les incendies de forêt. La présidente de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen, a annoncé le déploiement de près de 800 pompiers issus de 14 pays dans les zones particulièrement exposées de Chypre, de la Grèce, de l’Italie, de la France, de l’Espagne et du Portugal.
Elle a également indiqué que 22 avions et cinq hélicoptères de la flotte européenne seraient placés en état d’alerte afin de fournir un soutien rapide, soulignant que ce dispositif illustre la solidarité européenne.
Une nouvelle base régionale européenne de lutte contre les incendies a en outre été créée à Chypre afin de renforcer les capacités de prévention et d’intervention dans toute l’Europe et dans le sud du bassin méditerranéen.
Les inquiétudes sont alimentées par les phénomènes extrêmes observés récemment : la France a connu une vague de chaleur précoce en février, l’Espagne a enregistré son niveau de précipitations le plus élevé depuis cinquante ans, tandis que l’Australie, l’Inde, le Groenland et plusieurs États américains ont eux aussi subi des conditions climatiques exceptionnelles.
Au Canada, les incendies de forêt ont de nouveau touché les régions d’exploitation des sables bitumineux, menaçant les communautés locales, les travailleurs et la production pétrolière du pays.
L’Organisation météorologique mondiale prévoit par ailleurs une augmentation significative des températures dans l’Arctique entre 2026 et 2030, ainsi qu’un risque accru de sécheresse et d’incendies dans la forêt amazonienne.
Les projections de l’agence onusienne chargée du climat et du Met Office britannique indiquent une probabilité de 75 % que la température moyenne mondiale dépasse de 1,5 °C le niveau préindustriel au cours de la période 2026-2030, seuil fixé par l’Accord de Paris sur le climat de 2015.
Dans le monde arabe, les épisodes de sécheresse ont provoqué d’importants incendies et des pertes considérables de couvert forestier, notamment au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Les incendies de forêt ne sont plus des événements saisonniers isolés, mais constituent désormais une menace environnementale complexe pesant sur les écosystèmes naturels et la biodiversité.
En Irak, de vastes incendies se sont également déclarés en mai dernier sous l’effet des fortes chaleurs durant la saison des récoltes de blé et d’orge, détruisant des centaines de dunums de terres agricoles dans plusieurs provinces.
En Syrie, l’Autorité générale de gestion et de développement des forêts a lancé des mesures préventives anticipées dans la province de Hama, notamment le déploiement de moyens logistiques, de véhicules de lutte contre les incendies et de citernes dans les zones agricoles et forestières les plus sensibles afin de permettre une intervention rapide en cas de départ de feu pendant la récolte du blé.
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