Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères : le mémorandum d’entente entre les États‑Unis et l’Iran a jeté les bases de la fin de la guerre et ouvre la voie à un accord final
Doha, le 22 juin /QNA/ Son Excellence Cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, a affirmé que le mémorandum d’entente signé entre les États‑Unis d’Amérique et la République islamique d’Iran a jeté les bases de la cessation de la guerre et ouvert la voie à un processus de négociation devant aboutir à un accord final entre les deux parties.
Son Excellence a expliqué, dans une interview accordée aujourd’hui à la chaîne Al Jazeera, que ce mémorandum était le fruit d’efforts intensifs déployés au cours de plusieurs semaines de travail soutenu avec les partenaires de la République islamique du Pakistan, ainsi qu’avec le soutien de plusieurs pays de la région et de partenaires internationaux, afin de créer un climat favorable au lancement de ces négociations.
« L’objectif du mémorandum est de mettre fin à la guerre tout en établissant un cadre pour les négociations », a-t-il déclaré, exprimant l’espoir que ces efforts aboutissent à un accord final.
Son Excellence a souligné que le mémorandum d’entente avait établi un cadre institutionnel clair pour le processus de négociation, élaboré à la lumière des expériences passées afin de garantir la continuité des discussions. Ce cadre prévoit la tenue de réunions régulières entre les responsables politiques pour surmonter les difficultés rencontrées par les équipes techniques et parvenir à des ententes sur les questions en suspens. Il a précisé que le processus de négociation englobe à la fois des dimensions techniques et politiques.
Son Excellence a précisé que le cadre institutionnel présenté et examiné lors de la réunion de dimanche constituait « un cadre très solide », exprimant l’espoir que les discussions techniques entre les parties se poursuivent et aboutissent à des résultats concrets.
Il a indiqué que les pourparlers en cours entre les parties iranienne et américaine portent principalement sur le dossier nucléaire, tandis que d’autres questions seront abordées entre l’Iran et les pays de la région dans un cadre régional, notamment la sécurité régionale et la question du détroit d’Ormuz. Par ailleurs, Son Excellence a indiqué qu’une coordination était en cours entre l’État du Qatar, les pays du Conseil de coopération du Golfe et plusieurs États arabes et régionaux, afin de soutenir l’élaboration de solutions durables dans le cadre d’une vision unifiée du Golfe.
« La phase actuelle s’inscrit dans le processus menant à l’accord final, après que les bases de ce parcours ont été établies », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que la période écoulée avait connu plusieurs difficultés, depuis le mémorandum d’entente jusqu’au lancement du cycle de négociations, notamment concernant le dossier libanais et le détroit d’Ormuz. Des mécanismes ont été mis en place pour éviter la répétition de ces problèmes et garantir la concentration sur le processus de négociation.
Son Excellence a ajouté : « Toutes les parties font preuve d’une volonté politique de s’engager dans les négociations, malgré les facteurs et circonstances extérieurs qui pèsent sur l’environnement de dialogue », soulignant que l’État du Qatar, en partenariat avec la République islamique du Pakistan, s’est employé à mettre en place un cadre garantissant la protection du processus de négociation et renforçant sa solidité et sa stabilité pour la prochaine phase.
Concernant le rôle de médiation du Qatar, il a indiqué que l’État du Qatar poursuivra ce rôle en partenariat avec les frères du Pakistan, à travers des équipes de travail et des comités conjoints réunissant des représentants des deux parties, afin de rapprocher les points de vue et de tenter de combler les divergences.
Il a précisé que la prochaine phase nécessitera un travail intensif, et que le message essentiel de l’État du Qatar dans ce contexte est qu’il « s’est efforcé de mettre en place un cadre qui protège ce processus de négociation ».
Il a expliqué que la prochaine phase exigera un travail intensif, rappelant que le message central de l’État du Qatar est qu’il « s’est efforcé de mettre en place un cadre destiné à protéger ce processus de négociation ».
Son Excellence le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a souligné que la priorité de Son Altesse l’Émir Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, ainsi que celle des dirigeants de la région, est d’éteindre les foyers de tension et de parvenir à une phase de calme et de stabilité, précisant que l’action du Qatar s’inscrit dans cette vision.
Il a déclaré : « Les pays de la région font face à des problèmes et des différends, notamment avec l’Iran à la suite de cette guerre et des agressions subies. Toutefois, nous appartenons tous à une même région et la solution doit être diplomatique. »
Son Excellence a ajouté que la poursuite de l’escalade aurait des répercussions dépassant le seul cadre régional pour toucher l’économie mondiale, ce qui nécessite de préserver le processus de négociation et d’en garantir le succès.
Concernant les inquiétudes liées à la prochaine étape, il a indiqué que les négociations comportent naturellement de multiples points de divergence, précisant que « certains acteurs pourraient chercher à influencer leur déroulement, qu’ils soient internes ou externes aux pays concernés. Toutefois, l’indicateur général reflète une volonté et une détermination des parties à parvenir à des solutions. »
Il a insisté sur l’importance de garantir un environnement favorable à la poursuite du processus de négociation, soulignant que toute escalade, que ce soit au Liban ou ailleurs, affecte directement les discussions et leur climat.
S’agissant des démarches que pourrait entreprendre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour influencer les négociations, Son Excellence a déclaré : « Ce n’est pas la première fois que Netanyahou tente de créer une telle situation », réaffirmant la nécessité de mettre un terme immédiat à l’occupation israélienne des territoires libanais et de respecter la souveraineté de l’État libanais.
Il a ajouté qu’Israël, depuis 2024, continue d’occuper des parties du Liban et d’étendre sa présence, en plus de son implantation illégale en Syrie et de son avancée dans ces territoires, sans oublier son refus de se retirer de Gaza et de respecter ses engagements dans l’accord, autant de facteurs qui alimentent les tensions régionales.
Il a expliqué que la création d’un groupe de travail spécial sur le Liban réunissant les parties concernées vise à prévenir l’escalade et à gérer les évolutions avant qu’elles ne surviennent, tout en garantissant la bonne application de l’accord de cessez‑le‑feu. Il a jugé inacceptable que 100 personnes aient trouvé la mort au Liban au cours des trois derniers jours, alors même que le cessez‑le‑feu est en vigueur.
Son Excellence a réaffirmé la nécessité de respecter l’accord et de traiter les questions par la voie diplomatique, ajoutant : « Les États‑Unis déploient actuellement des efforts considérables sur le plan diplomatique, et nous espérons que ces efforts aboutiront. »
Concernant le détroit d’Ormuz, il a confirmé que la position du Qatar reste ferme et consiste à refuser tout changement de statut par rapport à la situation antérieure à la guerre. Il a précisé que les arrangements actuels prévoient un engagement à assurer un passage sûr et libre des navires commerciaux pendant soixante jours, avec des mesures initiales de déminage et la mise en place d’une ligne directe pour résoudre tout différend éventuel dans le détroit.
Il a ajouté que, selon les accords, un dialogue sera ultérieurement ouvert entre l’Iran, le Sultanat d’Oman et les pays de la région sur le mécanisme de gestion du détroit à l’avenir, affirmant que le Qatar le considère comme « une voie navigable internationale qui doit rester ouverte à la navigation ».
Dans ce contexte, il a rappelé que le Qatar est l’un des pays les plus affectés par la fermeture du détroit, puisqu’il constitue son principal accès maritime, déclarant : « Nous avons constaté les effets durant les quatre derniers mois.
En ce qui concerne les relations régionales, Son Excellence le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a expliqué que les agressions survenues durant la guerre étaient inacceptables, soulignant l’existence d’une coordination du Golfe et d’une vision commune pour engager un dialogue avec l’Iran en vue de régler les questions en suspens par des moyens pacifiques.
À propos de la question palestinienne, Son Excellence a exprimé l’espoir que la dynamique actuelle englobe également ce dossier, et qu’elle conduise à l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain.
Dans un message adressé aux parties négociatrices, il a affirmé que les résultats de tout accord entre les États-Unis et l’Iran ne se limitent pas aux deux pays, mais concernent la sécurité de l’ensemble de la région, ce qui exige un haut niveau de responsabilité afin d’éviter de nouveaux conflits aux peuples.
Concernant l’avenir de la région, Son Excellence a indiqué que celle‑ci traverse une phase de profondes transformations depuis le 7 octobre 2023 : « La région est entrée dans une nouvelle étape depuis le 7 octobre. Malheureusement, nous avons assisté à divers conflits, Israël a ouvert plusieurs fronts, en plus de la guerre américano‑irano‑israélienne et du conflit entre l’Iran et les pays du Golfe qui a eu lieu, autant de facteurs qui modifient le paysage du Moyen‑Orient. »
Il a réaffirmé que la priorité de l’État du Qatar est de protéger sa sécurité nationale et de renforcer ses capacités de défense, précisant que le système de défense qatari est l’un des plus performants de la région en matière d’interception de missiles et de gestion des menaces militaires, et que les forces armées qataries ont démontré un haut niveau de professionnalisme.
Il a ajouté : « L’État du Qatar œuvre avec ses partenaires dans le cadre régional et aspire à une vision unifiée des pays du Conseil de coopération du Golfe, ainsi qu’à un nouveau cadre de sécurité régionale garantissant la stabilité, à la lumière des événements difficiles traversés récemment. »
Enfin, Son Excellence Cheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani a insisté sur le fait que la stabilité complète de la région ne pourra être atteinte sans une solution juste et globale à la question palestinienne : « Cela requiert des efforts internationaux. Nous espérons que la dynamique actuelle entre les États-Unis et l’Iran, ainsi qu’entre l’Iran et la région, inclura nos frères palestiniens, mettra fin à leurs souffrances et leur permettra d’accéder à leur État. Nous pourrions alors envisager une stabilité totale dans la région, avec Israël pleinement intégré dans son environnement régional et la Palestine en tant qu’État indépendant et souverain. »
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