Le ministre d'État au ministère des Affaires étrangères participe au « Forum GLOBSEC 2026 » à Prague
Prague, le 21 mai /QNA/ Son Excellence le Dr Mohammed bin Abdulaziz Al Khulaifi, ministre d'État au ministère des Affaires étrangères, a pris part, ce jeudi, au « Forum GLOBSEC 2026 », qui se tient dans la capitale tchèque, Prague.
Prenant la parole lors d'une session principale du forum intitulée « La quête de la paix au Moyen-Orient et au-delà », Son Excellence a déclaré : « Nous vivons une époque où les conflits ne sauraient être circonscrits à leur seul périmètre géographique. La guerre engendre des répercussions humanitaires, économiques, politiques, sécuritaires et sociales qui excèdent de loin ses frontières territoriales. »
Il a affirmé que la médiation, pour l'État du Qatar, ne constitue pas un choix politique conjoncturel, mais s'inscrit pleinement dans son identité nationale et sa politique étrangère. Il a rappelé que l'article 7 de la Constitution qatarie engage l'État à soutenir les efforts de règlement pacifique des différends internationaux, soulignant que le Qatar s'est investi durant de longues années dans le dialogue, la facilitation et la médiation à Gaza, en Afghanistan, en Iran, au Liban, au Soudan, au Tchad, au Venezuela, en Ukraine et, plus récemment, dans de nombreuses autres régions.
« Notre approche, en réalité, tient en une formule simple », a poursuivi Son Excellence. « Nous ne recourons pas à la médiation parce qu'elle est aisée, mais parce que l'alternative se révèle souvent plus funeste. » Il a ajouté : « Le rôle du médiateur n'est jamais trop modeste pour faire la différence, pourvu que le processus bénéficie de la confiance des parties. »
Évoquant les effets en cascade des conflits en cours, le ministre d'État au ministère des Affaires étrangères a indiqué que le premier impact réside dans l'effondrement humanitaire. « Les conflits contemporains engendrent déplacements, famine, traumatismes, prises d'otages, séparation des familles et destruction des infrastructures civiles. »
« À Gaza, par exemple », a-t-il insisté, « la dimension humanitaire n'est pas accessoire à la diplomatie : elle en constitue le cœur. » Il a plaidé pour que les efforts internationaux agissent de manière concomitante afin de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et d'assurer la protection des civils.
Le deuxième impact, a-t-il expliqué, tient à l'escalade régionale. « Les conflits demeurent rarement confinés à leur cadre local. Cela est particulièrement vrai au Moyen-Orient, où une seule crise peut rapidement affecter le Golfe, la mer Rouge, le Levant et au-delà. »
Son Excellence a identifié le troisième impact comme étant l'érosion de la confiance dans la diplomatie elle-même. « Lorsque les guerres s'éternisent, les opinions publiques finissent par considérer le dialogue comme une faiblesse ou la médiation comme une simple formalité symbolique. Cette perception est dangereuse. »
Le quatrième impact, selon lui, est la pression économique mondiale. « Les conflits perturbent les approvisionnements énergétiques et alimentaires, l'investissement, le transport aérien, la sécurité maritime et les flux migratoires. » Il a martelé : « Œuvrer pour la paix n'est pas seulement un devoir moral, mais une impérieuse nécessité stratégique. »
Le ministre d'État au ministère des Affaires étrangères a déclaré que l'expérience du Qatar a démontré que même des accords limités – cessez-le-feu, trêve humanitaire, libération de détenus, ouverture d'un canal de communication – peuvent endiguer l'expansion d'un conflit.
Répondant à une question sur les outils diplomatiques les plus susceptibles de consolider la stabilité et la paix, Son Excellence a indiqué que le premier outil réside dans des canaux de communication fiables. « Dans de nombreux conflits, les parties ne peuvent communiquer directement ou se méfient réciproquement. La première mission du médiateur n'est pas d'imposer une solution, mais de rendre la communication possible. »
Le deuxième outil, a-t-il poursuivi, est la diplomatie humanitaire. « Lorsqu'une paix politique n'est pas immédiatement accessible, des progrès humanitaires demeurent réalisables. La libération de civils, les évacuations médicales, l'accès humanitaire ou le regroupement des familles peuvent instaurer un climat de confiance et réduire les risques de conflit. »
Le troisième outil, selon Son Excellence, est la patience et la discrétion. « Une médiation ne saurait se conduire uniquement par des déclarations publiques. Certaines des avancées les plus significatives dans les conflits les plus complexes s'opèrent dans la discrétion, par un dialogue confidentiel et l'activation de mesures de confiance. »
Le quatrième outil est le partenariat, a-t-il souligné. « Le Qatar agit rarement en solitaire. À Gaza, le Qatar a œuvré en étroite collaboration avec l'Égypte, la Turquie et les États-Unis pour parvenir à un cessez-le-feu et aux arrangements humanitaires. »
Le cinquième outil, a-t-il expliqué, est le pragmatisme séquentiel. « Les médiateurs doivent discerner quand viser un accord global et quand se contenter d'une première étape modeste. En médiation, un succès humanitaire, même limité, peut devenir la pierre angulaire d'un processus politique plus vaste. »
Son Excellence a souligné qu'en médiation, le succès ne consiste pas toujours en la signature d'un accord final. « Il arrive que le succès réside dans la prévention d'une escalade ultérieure, l'ouverture d'un premier canal, le sauvetage d'une première vie. »
Interrogé sur la manière dont les alliances et les partenariats peuvent favoriser la consolidation de la paix, Son Excellence a indiqué que les partenariats sont essentiels, car aucun médiateur ne saurait, à lui seul, instaurer la paix. « Le médiateur peut ouvrir des portes, bâtir la confiance et suggérer des options, mais une paix durable exige une volonté politique des parties et un soutien continu des partenaires régionaux et internationaux. »
« Dans d'autres contextes, comme les dossiers liés à l'Iran », a-t-il poursuivi, « la valeur ajoutée du Qatar a résidé dans sa capacité à communiquer avec différentes parties avec crédibilité. Cela ne signifie pas que le Qatar partage les vues de chaque partie, mais qu'il est convaincu que la communication est essentielle, précisément lorsque les relations sont difficiles. »
Son Excellence a expliqué que les partenariats peuvent soutenir la consolidation de la paix selon quatre dimensions : le soutien politique, le soutien humanitaire, les garanties de sécurité et l'investissement post-accord. « Car une paix sans reconstruction, sans emplois et sans institutions reste fragile. »
Il a affirmé que « la médiation peut ouvrir la porte à la paix, mais ce sont les partenariats qui empêchent cette porte de se refermer. »
Son Excellence a précisé que « le Qatar ne prétend pas que la médiation résout tous les conflits. Il n'en est rien. Mais sans une médiation sérieuse, nombre de conflits s'allongent, s'intensifient et deviennent plus ardus à résoudre. » Il a observé que le monde ne souffre pas aujourd'hui d'un excès d'initiatives diplomatiques, mais d'un déficit de patience, de confiance et d'investissement dans des solutions pacifiques durables.
« Pour le Qatar », a-t-il conclu sur ce point, « la médiation n'est pas une opération de relations publiques, mais un instrument stratégique visant à enrayer l'escalade, à protéger les civils, à libérer les détenus, à maintenir le dialogue et à créer des opportunités là où elles n'existaient pas. »
Enfin, le ministre d'État au ministère des Affaires étrangères a réaffirmé que l'État du Qatar continuera d'œuvrer avec ses partenaires pour maintenir ouverts les canaux de communication, atténuer les souffrances et promouvoir la paix au Moyen-Orient et au-delà.
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