L’ONU alerte sur le risque d’une catastrophe humanitaire majeure liée à la faim au Soudan
Rome, le 15 mai /QNA/ Les Nations unies ont mis en garde contre une aggravation dramatique de la crise alimentaire au Soudan, avertissant qu’elle pourrait se transformer en « catastrophe humanitaire majeure » en l’absence d’une mobilisation urgente de la communauté internationale, alors qu’environ 20 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
Dans un communiqué conjoint publié ce vendredi, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) ont indiqué qu’environ 19,5 millions de personnes, soit près de deux Soudanais sur cinq, font actuellement face à des niveaux critiques de faim.
Les agences onusiennes s’appuient sur les dernières données du système de Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC), publiées jeudi, considéré comme l’un des principaux mécanismes internationaux de surveillance de la faim soutenus par l’ONU.
Mme Cindy McCain, directrice exécutive du PAM, a souligné que la faim et la malnutrition menacent désormais la vie de millions de personnes au Soudan, appelant à une action internationale immédiate afin d’éviter une détérioration supplémentaire de la situation humanitaire.
Les Nations unies ont également rappelé que le conflit au Soudan, entré dans sa quatrième année, a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 11 millions de personnes à l’intérieur du pays et au-delà de ses frontières.
Les organisations ont, par ailleurs, indiqué qu’environ 350.000 personnes ont été récemment déplacées entre octobre 2025 et mars 2026, en raison de la détérioration des conditions sécuritaires à El Fasher, au Kordofan et dans le Nil Bleu.
Le rapport de l’IPC avertit également que 14 zones situées au Darfour et dans le Sud-Kordofan sont exposées à un risque de famine en cas d’intensification des combats ou de restriction de l’accès à l’aide alimentaire, précisant qu’environ 135.000 personnes souffrent déjà de niveaux catastrophiques de faim.
Les enfants figurent parmi les populations les plus durement touchées par cette crise. Selon les estimations, près de 825.000 enfants âgés de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë sévère en 2026, soit une augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente.
Mme Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, a indiqué que des enfants arrivent dans les structures de santé dans un état d’épuisement extrême, avertissant qu’un nombre croissant d’entre eux risquent de succomber faute d’intervention urgente.
Le rapport souligne enfin que les tensions au Moyen-Orient contribuent également à aggraver la crise, dans un contexte marqué par la hausse continue des prix des denrées alimentaires, du carburant et des engrais.
English
Français
Deutsch
Español
русский
हिंदी
اردو