L’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement alerte sur les risques de l’utilisation de l’IA dans le domaine militaire
New York, le 21 octobre /QNA/ Dr Robin Geiss, le Directeur de l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR), a mis en garde contre les risques croissants liés à l’utilisation de l’Intelligence Artificielle (IA) dans le domaine militaire.
Il a annoncé une série de nouvelles initiatives relevant du Centre d’Excellence pour l’Intelligence Artificielle, la paix et la sécurité, créé par l’Institut afin de renforcer la gouvernance internationale de ces technologies, en coopération avec les gouvernements, l’industrie, le monde universitaire et la société civile.
Lors d’un point de presse au siège des Nations Unies à New York, Mr Geiss a indiqué que la communauté internationale approche d’un tournant décisif dans le développement et l’utilisation de l’IA à des fins militaires. « La guerre des machines se rapproche de plus en plus », a-t-il déclaré, assurant que la question centrale à laquelle sont confrontés les gouvernements et la communauté internationale est la suivante : « Allons-nous permettre à des machines de viser et de tuer des êtres humains ? »
Il a expliqué que le Secrétaire général des Nations Unies, Mr António Guterres, a averti à plusieurs reprises que le monde est dangereusement proche de franchir cette « ligne rouge morale », notant que l’Intelligence Artificielle et les capacités autonomes sont déjà largement intégrées aux activités militaires, notamment dans l’analyse du renseignement, l’identification des visées, les drones, les cyberattaques et les opérations informationnelles.
Il a averti que les systèmes reposant sur l’IA et manquant de transparence pourraient accroître les risques d’erreurs, de mauvaises appréciations et d’escalade involontaire. Par ailleurs, la prolifération des capacités liées à l’IA abaisse le seuil nécessaire à la conduite d’opérations sophistiquées, ce qui pourrait également permettre à des acteurs non étatiques de mener des opérations complexes à l’aide de ces technologies.
Malgré ces préoccupations, Mr Geiss a indiqué que l’engagement international sur la question de l’IA militaire est resté limité pendant longtemps. Cette situation commence toutefois à évoluer, à mesure que s’impose la nécessité d’une action de la communauté internationale.
Il a relevé que le débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies, tenu en septembre dernier, avait placé l’Intelligence Artificielle et les risques qui lui sont associés au premier plan des préoccupations internationales.
Selon le responsable onusien, la concurrence géopolitique demeure un obstacle majeur à la réalisation de progrès, mais les préoccupations suscitées par les répercussions de l’IA transcendent de plus en plus les clivages politiques et stratégiques.
À cet égard, il a évoqué une proposition présentée le mois dernier par les États-Unis visant à établir avec la Chine une « ligne directe sur la sécurité de l’Intelligence Artificielle », destinée à traiter tout incident lié à cette technologie susceptible de menacer la sécurité nationale.
Il a ajouté que les appels du Secrétaire général des Nations Unies en faveur d’un encadrement plus strict de l’IA militaire et de la conclusion d’un traité juridiquement contraignant sur les systèmes d’armes létales autonomes bénéficient d’un soutien croissant à l’échelle internationale, affirmant la nécessité d’une action internationale pour faire face aux défis posés par l’utilisation militaire de l’Intelligence Artificielle.
L’Institut a récemment lancé à Genève le Centre d’Excellence pour l’Intelligence Artificielle, la paix et la sécurité. Selon Mr Geiss, ce Centre constitue une plateforme permanente et neutre, la première du genre au sein du système des Nations Unies, destinée à promouvoir une approche cohérente de la question de l’Intelligence Artificielle dans le contexte de la paix et de la sécurité internationales.
English
Français
Deutsch
Español
русский
हिंदी
اردو