La Bibliothèque nationale du Liban : Le soutien qatari redonne vitalité à ce prestigieux haut lieu culturel libanais
Beyrouth, le 1er février /QNA/ La Bibliothèque nationale de Beyrouth constitue un haut lieu culturel et un pilier essentiel dans la préservation de la mémoire nationale et la sauvegarde du patrimoine intellectuel et historique du Liban. Son éclat, longtemps affecté par les épreuves de l’histoire, retrouve aujourd’hui toute sa vigueur grâce au soutien moderne du Qatar.
Fondée en 1919, la Bibliothèque nationale n’a pas été seulement un dépôt de livres, mais un espace de savoir, de recherche et de consolidation de l’identité culturelle. Pendant plus d’un siècle, elle a connu plusieurs changements de siège, traversé les bouleversements politiques et les guerres du Liban, et est restée fermée de longues années en raison des dommages causés par la guerre civile de 1975.
Connue au début du XXe siècle sous le nom de « Grande bibliothèque de Beyrouth », elle fut créée par l’historien et écrivain libanais Philippe de Tarrazi, à partir de sa collection personnelle comprenant environ 20 000 documents imprimés et près de 3 000 manuscrits.
Dans le cadre des efforts de relance, un bâtiment de la Faculté de droit et de sciences politiques de l’Université libanaise fut attribué en 1999 pour accueillir la Bibliothèque nationale. En 2018, celle‑ci fut officiellement inaugurée comme premier centre national de conservation du patrimoine intellectuel et culturel du Liban, et comme lieu de savoir reliant passé et présent, abritant près de 300 000 manuscrits et documents rares.
Le soutien du Qatar a constitué une pierre angulaire dans la renaissance de la Bibliothèque nationale libanaise. Une donation de 25 millions de dollars a été consacrée à la restauration et à l’agrandissement du bâtiment historique, devenu siège permanent de la bibliothèque dans le quartier de Sanayeh. Cet engagement culturel s’est concrétisé en 2009, lorsque Son Altesse Cheikha Mozah bint Nasser posa la première pierre du projet, marquant la transformation de l’ancienne Faculté de droit en une bibliothèque nationale moderne au cœur de Beyrouth.
Au-delà de la phase de fondation, ce soutien a continué à se manifester lors des crises, notamment à la suite des destructions provoquées par l’explosion du port de Beyrouth en 2020. Le Qatar a contribué aux travaux de restauration, permettant la réouverture de la bibliothèque en février 2022, sur instruction de Son Altesse l’Émir Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, pour qu’elle redevienne un centre de rayonnement culturel et intellectuel.
Dans une déclaration exclusive à l’Agence de presse du Qatar (QNA), Mme Gelnar Atwi, directrice générale de la Bibliothèque nationale, a affirmé que le soutien qatari avait joué un rôle déterminant dans la réhabilitation de ce haut lieu culturel et sa réouverture au public après des décennies de fermeture.
Elle a précisé que ce soutien ne s’est pas limité à la restauration, mais s’est poursuivi dans les circonstances exceptionnelles qui ont suivi l’explosion du port, grâce à une coopération renforcée avec des institutions internationales pour réparer les dommages et protéger les collections patrimoniales. Elle a également signalé que l’appui du Qatar inclut le renforcement du partenariat et des échanges permanents entre la Bibliothèque nationale du Liban et la Bibliothèque nationale du Qatar, à travers le partage d’expertise et la participation à des ateliers et conférences culturelles et spécialisées, contribuant ainsi au développement des compétences professionnelles et à la diffusion du savoir.
Mme Atwi a ajouté que cette coopération s’inscrit dans le cadre de la consolidation de l’action culturelle arabe commune, de la mise en valeur de l’identité libanaise dans son espace arabe et moyen‑oriental, et du renforcement des liens culturels entre le Liban et le Qatar. Elle a rappelé que la Bibliothèque nationale joue un rôle essentiel dans l’édification consciente et savante, alliant préservation du patrimoine et diffusion de la culture. Elle n’est pas seulement un dépôt de livres, mais une mémoire nationale vivante, qui contribue à l’affirmation de l’identité, soutient la recherche et l’éducation vers un avenir plus éclairé et avancé, et offre un environnement culturel favorisant la lecture, la connaissance et la transmission de la mémoire nationale aux générations futures.
La directrice générale a enfin révélé que la bibliothèque conserve 195 000 documents anciens (livres, registres, cartes, publications…), dont environ 2 000 ouvrages datant du XIXe siècle et antérieurs, ainsi qu’une dizaine de livres remontant au XVIe siècle, époque de l’apparition des premières imprimeries au Liban et dans le monde arabe. Elle abrite également près de 3 000 titres de journaux, revues et périodiques en plusieurs langues, dont environ 1 500 publications libanaises, 250 arabes du XIXe siècle (offrant une image quasi complète de la presse arabe de cette époque), ainsi que 1 250 publications étrangères et environ 1 350 des premiers journaux et revues de différentes origines.
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