À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté 2026 : Un logement sûr est un Droit fondamental pour la dignité humaine
Doha, le 16 octobre /QNA/ Les pays du monde entier célèbrent demain, samedi 17 octobre, la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté 2026, qui revêt cette année une importance particulière, l’ONU ayant retenu le thème « Unis pour la paix et les Droits humains » comme cadre de cette journée pour la période 2026-2028. L’édition de cette année est consacrée au thème « Un logement sûr pour tous ».
Ce choix place l’affaire du logement convenable au centre des principales manifestations de la pauvreté, alors que, selon les Nations Unies, plus de 2,8 milliards de personnes dans le monde souffrent de diverses formes de privation ou de conditions de logement inadéquates.
Cette journée affirme que l’élimination de la pauvreté est étroitement liée à la protection des Droits humains, de la dignité humaine et de la paix. Elle présente également l’importance de garantir un logement convenable, considéré comme un fondement essentiel de la sécurité, de la stabilité et d’une vie digne.
L’État du Qatar occupe une place importante dans les efforts internationaux de lutte contre la pauvreté. Le thème retenu pour 2026 s’appuie également sur la Déclaration politique de Doha, issue du deuxième Sommet mondial pour le développement social, accueilli par Doha en novembre 2025.
La Déclaration a réaffirmé le Droit de toute personne à un niveau de vie décent, notamment à un logement convenable, sûr et abordable, à une eau potable salubre ainsi qu’à des services d’assainissement et d’hygiène de base, tout en renouvelant l’engagement à lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions.
Ce lien renforce l’importance du rôle de Doha dans le débat international sur le passage des engagements politiques à des mesures concrètes pour lutter contre la pauvreté, qui constitue le premier Objectif de Développement Durable des Nations Unies, à travers le soutien à l’éducation, à la santé, à la protection sociale et au financement du développement, ainsi que par la lutte contre les causes profondes de la pauvreté, plutôt que de se limiter à des réponses d’urgence aux crises liées à la faim, aux déplacements de populations et aux privations.
La Déclaration politique de Doha a également identifié plusieurs défis auxquels la communauté internationale est confrontée dans la lutte contre la pauvreté et le chômage, assurant que, trente ans après le Sommet mondial pour le développement social, tenu à Copenhague en 1995, les progrès demeurent inégaux, tandis que les disparités persistent au sein des pays comme entre eux.
Les dirigeants ayant pris part à l’adoption de la Déclaration ont indiqué que les progrès vers la réalisation de la plupart des Objectifs de Développement durable (ODD) à l’horizon 2030 demeurent lents, malgré les avancées enregistrées dans certains domaines, tandis que la réalisation d’autres objectifs a stagné, voire reculé.
Ils ont précisé que plus d’un milliard de personnes vivent dans une situation de pauvreté multidimensionnelle, les taux de pauvreté étant plus élevés parmi les enfants, les femmes, les personnes en situation de handicap, les populations rurales et les groupes vivant dans des situations de vulnérabilité.
Évoquant les principales contributions et initiatives du Qatar dans la lutte contre la pauvreté à l’échelle internationale, Mr Nayef Al Nabet, le Chercheur associé non-résident au Conseil du Moyen-Orient pour les Affaires internationales, a déclaré à l’Agence de Presse du Qatar (QNA) que les efforts qataris se distinguent par l’accent mis sur l’autonomisation des individus, et non uniquement sur la satisfaction de leurs besoins immédiats. Cette approche se manifeste clairement dans l’action du Qatar Fund For Development (QFFD), de la Fondation Education Above All (EAA) et de Silatech, qui soutiennent l’éducation, l’emploi et des projets de développement dans plusieurs pays.
Il a ajouté que l’aide peut aujourd’hui sortir une famille de la pauvreté, mais que l’éducation et l’emploi peuvent en protéger ses enfants demain. Il s’agit, selon lui, d’un élément essentiel pour comprendre les contributions du Qatar, qui associent l’aide à la création d’opportunités et à l’amélioration, sur le long terme, des conditions de vie des communautés.
S’agissant des principaux objectifs que la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté cherche à atteindre à l’échelle mondiale, Mr Al Nabet a expliqué que l’importance de cette journée réside dans le fait qu’elle rappelle à la communauté internationale que l’éradication de la pauvreté n’est pas simplement un objectif inscrit dans le Programme de développement durable, mais une responsabilité qui doit se traduire concrètement dans la vie des populations. Il ne suffit donc pas d’annoncer une baisse des taux de pauvreté si des familles demeurent incapables de subvenir à leurs besoins essentiels.
Il a ajouté que les chiffres sont importants pour mesurer les progrès, mais qu’ils ne rendent pas compte de toute la réalité, notant que la véritable question est de savoir si les politiques et les programmes internationaux atteignent ceux qui en ont besoin et améliorent concrètement leurs conditions de vie.
S’agissant du rôle des organisations non gouvernementales et de la société civile dans la sensibilisation à la pauvreté et dans les efforts visant à la réduire, Mr Nayef Al Nabet, chercheur associé non résident au Conseil du Moyen-Orient pour les Affaires internationales, a précisé, dans des déclarations à l’Agence de Presse du Qatar (QNA), que les organisations de la société civile jouent un rôle important, car elles sont au plus près des communautés locales et sont parfois les mieux placées pour cerner leurs besoins réels.
Il a relevé leur contribution à la sensibilisation et à l’autonomisation des catégories les plus défavorisées, affirmant que les solutions sont plus efficaces lorsque les personnes directement concernées participent à leur élaboration.
Il a indiqué que le principal défi auquel se heurtent les efforts visant à éliminer la pauvreté réside dans leur vulnérabilité aux évolutions mondiales, notamment les guerres, la hausse des prix, l’endettement et le changement climatique, autant de facteurs susceptibles de faire basculer des communautés entières dans la pauvreté après des années de progrès.
Il a expliqué qu’une seule guerre peut anéantir en quelques mois des acquis construits au fil de plusieurs décennies, affirmant que la lutte contre la pauvreté est indissociable de l’instauration de la paix et de la stabilité, ainsi que de la mise en place d’institutions et d’économies capables de faire face aux crises.
Dans un message publié à cette occasion, Mr António Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies, a déclaré que la pauvreté constitue une atteinte à la dignité humaine et un déni des Droits humains, car elle prive les populations de possibilités et les rend plus vulnérables face aux crises. Il a affirmé que les connaissances et les ressources nécessaires pour lutter contre la pauvreté existent, appelant à mobiliser la volonté politique et les investissements indispensables afin de garantir à chacun un logement sûr et la possibilité de construire une vie digne, à l’abri de la pauvreté.
Mr Guterres a ajouté que la Déclaration politique de Doha a renouvelé l’engagement de la communauté internationale à éliminer la pauvreté et à lutter contre les inégalités et les injustices qui la perpétuent, assurant que la concrétisation de cet engagement exige une action nationale plus vigoureuse, soutenue par la coopération internationale et des financements adéquats.
À l’approche de l’échéance fixée pour la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD), la tâche consistant à éliminer l’extrême pauvreté d’ici à 2030 apparaît plus difficile qu’en 2015, année de l’adoption de ces objectifs.
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a, de sa part, annoncé une hausse de l’indice mondial de pauvreté pour la première fois depuis son lancement en 2010. Dans son rapport de 2026, il indique que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté a augmenté de 51,5 millions par rapport aux dernières statistiques enregistrées, portant leur nombre total à environ 1,2 milliard de personnes, dont plus de la moitié sont des enfants.
Dans ce contexte, Mr Alexander De Croo, l’administrateur du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a déclaré que la hausse des taux de pauvreté doit constituer un signal d’alarme pour le monde, expliquant que 1,2 milliard de personnes sont confrontées à des difficultés croissantes et interdépendantes, notamment la faim, la privation d’éducation et le manque d’accès à l’eau potable ou à l’électricité.
Mr De Croo a qualifié cette situation d’inacceptable, tout en affirmant qu’il est possible d’accomplir des progrès, d’autant que l’expérience des pays ayant relevé collectivement ces défis a montré qu’une action résolue et soutenue peut produire des résultats concrets.
La célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté remonte au 17 octobre 1987, lorsque plus de 100 mille personnes se sont rassemblées sur le parvis du Trocadéro, à Paris, pour rendre hommage aux victimes de l’extrême pauvreté, de la violence et de la faim, sur le lieu où fut adoptée, en 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en 1948.
Les participants ont déclaré que la pauvreté constitue une violation des Droits humains, affirmant la nécessité de faire preuve de solidarité afin de garantir le respect de ces Droits. Ces principes ont été gravés sur le monument commémoratif inauguré ce jour-là.
Depuis lors, des personnes de tous horizons, de toutes convictions et de toutes origines sociales commémorent chaque année cette journée, le 17 octobre, renouvelant ainsi leur engagement envers les populations vivant dans la pauvreté et exprimant leur solidarité à leur égard.
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