Une nouvelle découverte scientifique promet une avancée majeure dans le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer
Washington, le 7 août /QNA/ Une équipe de recherche de l’Université de New York a réalisé une avancée majeure dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer, en démontrant qu’un simple test sanguin peut révéler les premiers signes de la maladie plusieurs années avant l’apparition des symptômes cliniques évidents de la démence.
Le Professeur Boutajangout, le spécialiste de neurologie et de neurosciences à la Faculté de Médecine de l’Université de New York et Codirecteur du Centre de Cognition et de la Plateforme des biomarqueurs, a expliqué que cette approche repose sur l’analyse des biomarqueurs présents dans le plasma, notamment les protéines amyloïdes bêta et tau, ainsi que divers marqueurs inflammatoires. Les chercheurs ont étudié trois groupes de patients : des personnes sans troubles cognitifs, des individus présentant un déclin cognitif subjectif (difficultés de mémoire ressenties mais non détectées cliniquement), et des patients souffrant de déficits cognitifs manifestes.
Les résultats ont montré une forte corrélation entre ces biomarqueurs sanguins et les dépôts d’amyloïde et de tau dans le cerveau, observés par tomographie par émission de positons, ainsi qu’avec d’autres marqueurs biologiques. L’étude a permis de distinguer avec précision les différentes phases de progression de la maladie.
Le professeur Boutajangout a affirmé que ces biomarqueurs peuvent détecter les premiers stades évolutifs de la maladie huit à dix ans avant l’apparition des principaux signes cliniques, période durant laquelle les lésions cérébrales commencent déjà à se former mais restent invisibles aux méthodes classiques de diagnostic. Il a qualifié cette capacité de diagnostic précoce d’étape essentielle vers une médecine préventive et personnalisée, permettant d’intervenir avant l’évolution vers une démence avérée.
Il a précisé que l’intégration de ces analyses sanguines dans les programmes de dépistage pourrait identifier précocement les personnes à risque, prescrire les traitements approuvés à chaque étape de la maladie pour ralentir la progression des symptômes, et écarter d’autres causes de troubles cognitifs pouvant être traitées. Le suivi des patients serait également facilité grâce à des tests réguliers de ces biomarqueurs.
Le chercheur a ajouté que l’équipe travaille aussi à l’identification de biomarqueurs pour d’autres maladies neurodégénératives, telles que la maladie de Parkinson, la démence frontotemporale (DFT), les traumatismes crâniens graves, les accidents vasculaires cérébraux, l’autisme et la sclérose latérale amyotrophique.
Enfin, il a précisé que cette stratégie diagnostique représente aussi un "gain économique considérable" : contrairement aux examens d’imagerie cérébrale avancés (TEP) ou à l’analyse du liquide céphalorachidien par ponction lombaire, coûteux et invasifs, le test sanguin est simple, moins onéreux, rapide à interpréter et facile à intégrer dans des programmes de dépistage à grande échelle. Il pourrait servir de test initial, les examens plus complexes étant réservés à la confirmation des cas suspects.
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