Signature de l'accord entre les États-Unis et l'Iran : le Qatar sera représenté à Genève, fait savoir le conseiller du Premier ministre et porte-parole du ministère des Affaires étrangères
Doha, le 16 juin /QNA/ Le docteur Majed bin Mohammed Al Ansari, conseiller du Premier ministre et porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a affirmé que l'État du Qatar sera représenté à la cérémonie de signature du mémorandum d'entente entre les États-Unis d'Amérique et la République islamique d'Iran, prévue vendredi prochain à Genève, aux côtés des pays régionaux concernés, des parties prenantes et des médiateurs pakistanais.
S'exprimant lors de son point de presse hebdomadaire, le docteur Al Ansari a souligné que le Qatar a participé au soutien du processus de médiation piloté par le Pakistan. Il a précisé qu'à la suite des réunions tenues à Islamabad, des contacts ont été engagés avec plusieurs pays de la région, dont le Qatar, en vue de rapprocher les points de vue et de mettre fin à une crise dont les conséquences ont pesé sur l'ensemble des acteurs régionaux.
Il a rappelé que la signature formelle du mémorandum d'entente, déjà paraphé électroniquement, interviendra vendredi prochain, ouvrant la voie à la phase de négociations. «Toutes les parties régionales, y compris le Qatar, s'emploient à faciliter les échanges entre les deux parties afin d'assurer la réussite du processus et le rétablissement de la sécurité et de la paix régionales dans leur configuration d'avant-crise», a-t-il expliqué.
Le rôle du Qatar, a-t-il souligné, a consisté à appuyer les efforts pakistanais pour dégager un langage consensuel entre les parties, condition préalable à la reprise d'une navigation normale dans le détroit d'Ormuz, à la poursuite du cessez-le-feu et à l'engagement dans un processus de négociation.
Il a fait part de l'optimisme prudent du Qatar quant à la perspective que cette signature ouvre la voie à la phase suivante des discussions, portant sur le dossier nucléaire et les questions de sécurité régionale. Il a rappelé qu'aucun conflit ne se résout durablement sans une approche systémique, et que la stabilité régionale exige un dialogue continu, seule voie vers une paix véritable.
Le porte-parole a insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue régional soutenu dans la période à venir, afin de reconstruire la confiance entre les parties.
Il a indiqué qu'à la suite de la signature du mémorandum d'entente, le détroit d'Ormuz serait rouvert au trafic maritime commercial, permettant la reprise des flux énergétiques mondiaux et contribuant à atténuer les tensions qui pèsent sur les marchés de l'énergie et des produits alimentaires, aggravées notamment par les perturbations de l'approvisionnement en engrais.
« La signature de cet accord ouvrira également la voie à des négociations en vue de définir un cadre durable régissant cette artère maritime stratégique », a-t-il affirmé.
Il a exprimé l'espoir que cet acte marque le début d'un processus menant à une paix durable, soulignant que toutes les parties ont participé de manière constructive à ces discussions, menées en grande partie par téléphone, par visioconférence ou en présentiel.
Il s'est félicité de la confidentialité ayant entouré le contenu du mémorandum, y voyant la marque du sérieux ayant présidé aux négociations jusqu'à la signature officielle.
« L'ensemble des questions fondamentales sera traité dans ce cadre et leurs modalités de mise en œuvre seront précisées ultérieurement », a-t-il indiqué.
Il a souligné que les efforts du Pakistan, soutenus par plusieurs pays de la région, procèdent d'une volonté de préserver la sécurité et la paix régionales, en particulier celle des États du Golfe, tout en tenant compte de la sécurité des pays affectés par la fermeture du détroit d'Ormuz et de ses conséquences sur les approvisionnements énergétiques et alimentaires.
Il a réaffirmé que le Qatar, dès le début de la crise, a placé la sécurité de ses citoyens et résidents au cœur de ses priorités, considérant la protection de sa sécurité nationale et économique comme indissociable de la stabilité régionale. Il a souhaité que cet accord constitue une première étape vers un consensus régional plus large, garantissant une sécurité durable.
Le porte-parole a indiqué que les contacts se poursuivent et que le Qatar, fidèle à son soutien à la médiation pakistanaise, reste en lien avec toutes les parties pour mener l'accord à son terme. Il a précisé qu'aucune réunion n'est actuellement prévue à Doha entre les parties concernées.
S'agissant des conséquences économiques du conflit, il a souligné qu'au-delà de la reconstruction, il s'agit aussi d'envisager l'investissement dans un contexte régional fragilisé. Il a précisé que toute initiative dans ce domaine devrait être internationale et non bilatérale, s'inscrivant dans une coordination globale faisant du développement économique régional une responsabilité collective. Il a fermement démenti tout versement de fonds qataris à ce titre.
Il a également démenti les allégations d'un accord bilatéral sur l'interconnexion électrique entre le Qatar et l'Iran, rappelant que les seules discussions en cours s'inscrivent dans le cadre de la médiation pakistanaise.
Il a réaffirmé que le Qatar soutient la médiation pakistanaise sans mener de médiation indépendante sur ce dossier, tout en soulignant la complexité inhérente à tout processus de ce type et les efforts considérables déployés par les autorités pakistanaises et leurs partenaires internationaux.
S'agissant de la bande de Gaza, le docteur Al Ansari a confirmé la poursuite des efforts qataris de médiation et le soutien de Doha au plan du président Trump. Il a indiqué que les récentes réunions en Égypte ont permis des avancées sur certains points de désaccord, les travaux se poursuivant pour une mise en œuvre complète de l'accord.
Il a également évoqué le Liban, affirmant que le dossier figurait parmi les sujets abordés dans le mémorandum. Il a fermement condamné les attaques israéliennes, qualifiant la souveraineté libanaise de « ligne rouge » et dénonçant toute tentative de justification de ces agressions.
« L'escalade à Gaza, les atteintes aux civils, les violations de la souveraineté libanaise et les incursions en Syrie menacent la sécurité de toute la région et compromettent les perspectives de paix », a-t-il averti.
Il a exprimé sa conviction que le dialogue avec les États-Unis et les acteurs régionaux et internationaux pourrait aboutir à un cessez-le-feu, non seulement dans le Golfe, mais aussi au Liban, sous réserve de l'engagement israélien à respecter ses obligations.
Enfin, il a appelé à construire une nouvelle réalité régionale fondée sur la confiance, la communication et une vision partagée de l'après-crise, tout en reconnaissant qu'un retour à la situation antérieure est impossible et qu'un vaste dialogue est nécessaire pour garantir la sécurité future de la région.
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