Des scientifiques inventent un plastique capable de s’auto-décomposer quand c’est nécessaire
Washington, le 5 mai /QNA/ Une équipe de chercheurs de l’Université de Californie à San Diego (UCSD) a mis au point un plastique programmé biologiquement pour se décomposer entièrement une fois sa fonction terminée, une avancée qui pourrait contribuer à réduire la pollution plastique mondiale.
Selon les chercheurs, la technique repose sur l’intégration de micro organismes activables dans la structure du plastique. Ceux ci restent inactifs durant l’utilisation, puis s’activent ensuite pour décomposer totalement la matière sans laisser de résidus.
Le principe consiste à exploiter la capacité de certaines bactéries à sécréter des enzymes puissantes capables de briser les chaînes polymériques, composant principal du plastique. L’équipe a utilisé deux souches bactériennes complémentaires, permettant de dégrader la matière en seulement six jours, sans produire de microplastiques, considérés comme l’un des polluants les plus dangereux de notre époque.
Cet effort répond à un problème environnemental chronique : le plastique traditionnel, très résistant, persiste des siècles, alors que la plupart de ses usages (comme les emballages) sont de courte durée. Les chercheurs ont donc cherché à rendre cette durabilité contrôlable en programmant le temps de dégradation.
Ils ont utilisé une bactérie génétiquement modifiée appelée Bacillus subtilis, intégrée à un polymère courant, le polycaprolactone, utilisé notamment dans l’impression 3D et les fils chirurgicaux. Cette combinaison protège les micro organismes et les maintient en état de dormance, puis les active par l’ajout d’un milieu nutritif et une élévation de la température à environ 50 °C. Les bactéries libèrent alors deux enzymes agissant en synergie : l’une coupe les chaînes polymériques, l’autre les décompose en éléments de base.
Pour démontrer l’efficacité de l’innovation, l’équipe a fabriqué un dispositif électronique flexible et portable destiné à mesurer les signaux musculaires. Après avoir rempli sa fonction, l’appareil s’est entièrement dégradé en deux semaines une fois le processus d’activation lancé.
Les chercheurs voient, en effet, que cette technologie représente une étape prometteuse vers le développement de matériaux respectueux de l’environnement, avec la possibilité d’élargir son application à différents types de plastiques, y compris ceux à usage unique.
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