Le Fonds Monétaire International met en garde contre les risques d’une hausse de l’inflation mondiale à cause du conflit au Moyen Orient
Tokyo, le 9 mars /QNA/Mme Kristalina Georgieva, la Directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), a mis en garde aujourd’hui contre les risques d’une hausse de l’inflation mondiale à cause du conflit au Moyen Orient.
Dans une intervention lors d’un séminaire organisé par le ministère japonais des Finances à Tokyo sur l’avenir de l’économie mondiale dans un système économique et monétaire international en mutation, elle a expliqué que chaque augmentation de 10 % du prix du pétrole, si elle se maintient sur l’année, pourrait produire une hausse de l’inflation mondiale d’environ 40 points de base et une baisse du produit mondial comprise entre 0,1 et 0,2 %.
Elle a précisé que l’économie mondiale fait face à des transformations profondes dans les domaines de la technologie, de la démographie, de la géopolitique, du commerce et du climat, tout en subissant des chocs successifs. Elle a rappelé que le monde a connu la pandémie de Covid 19, quatre années de guerre en Ukraine et une crise du coût de la vie, notant que l’économie mondiale a montré une résilience remarquable malgré ces crises, avec des prévisions de croissance de 3,3 % en 2026 et 3,2 % en 2027.
La directrice du FMI a ajouté que le nouveau conflit au Moyen Orient constitue un test supplémentaire pour la résilience de l’économie mondiale, à cause des dommages et interruptions subis par des installations pétrolières et gazières, ainsi que de la chute de 90 % du trafic maritime à travers le détroit d’Hormuz. Elle a rappelé qu’environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et du commerce de gaz naturel liquéfié transite par ce détroit, dont près de la moitié des importations asiatiques de pétrole et un quart de ses importations de gaz.
Elle a indiqué que les prix mondiaux du pétrole ont augmenté d’environ 50 % depuis décembre dernier, tandis que l’Asie et l’Europe font face à une forte hausse des prix du gaz. Elle a averti que la poursuite du conflit pourrait affecter la confiance des marchés, la croissance et l’inflation, imposant des défis supplémentaires aux décideurs.
Elle a ajouté : "Nous assistons à un nouveau test de la capacité de l’économie à résister au conflit au Moyen Orient", ajoutant : "Mon conseil aux décideurs dans ce nouveau climat mondial est de penser à l’impensable et de s’y préparer".
Ces déclarations sont effectuées alors que les tensions militaires au Moyen Orient s’intensifient, la guerre américano israélienne contre l’Iran entrant dans une nouvelle phase, avec des attaques contre des installations énergétiques et une montée des menaces sur la navigation dans le détroit d’Hormuz, ce qui accroît les inquiétudes quant à la continuité des flux de pétrole et de gaz vers les marchés mondiaux.
Ces évolutions se sont reflétées sur les marchés de l’énergie, où les prix du pétrole ont bondi de 25 % aujourd’hui, atteignant leur plus haut niveau depuis le mi 2022, le Brent enregistrant son plus grand gain quotidien jamais observé. Les coûts d’assurance maritime et de transport ont également augmenté, ajoutant des pressions sur les chaînes mondiales d’approvisionnement énergétique.
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