Mise en garde de l’ONU contre la persistance des craintes de nettoyage ethnique à Gaza face à la réduction des espaces accessibles aux civils
Gaza, le 31 octobre /QNA/ Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés a mis en garde contre la persistance des craintes de nettoyage ethnique dans la bande de Gaza, alors que les forces d’occupation israéliennes repoussent les Palestiniens vers des zones de plus en plus restreintes, détruisent les infrastructures civiles restantes et ciblent les sites de déplacement, aggravant ainsi le déplacement forcé.
Le bureau a déclaré dans un rapport publié hier que les forces d’occupation poursuivent l’élargissement de leur périmètre de déploiement vers l’ouest et repoussent les Palestiniens vers un espace plus étroit à l’intérieur de la bande de Gaza, avec l’objectif déclaré d’étendre leur zone de présence pour couvrir 70 % du territoire gazaoui.
Il a précisé avoir observé, au cours des deux dernières semaines, une extension des zones d’implantation des forces d’occupation dans le quartier de Shuja’iyya, à l'est de la ville de Gaza, ainsi que dans les zones orientales d’Al-Bureij, Deir Al-Balah et Al-Maghazi, au centre de la bande de Gaza.
Il a indiqué que des rapports font état d’au moins deux attaques menées par l’armée d’occupation contre des camps de déplacés à Shuja’iyya, parallèlement au dynamitage des rares bâtiments restés debout dans la zone, ainsi que de l’utilisation de robots explosifs.
Il a ajouté qu’un drone d’occupation a largué des munitions sur des tentes abritant des familles déplacées au carrefour de Shuja’iyya, près de ce qui est appelé la « Ligne jaune », le 25 octobre courant, provoquant un incendie qui a duré près de cinq heures et entraîné le déplacement de 200 familles regroupant environ 800 personnes, majoritairement des femmes, des enfants et des personnes âgées.
M. Ajith Sunghay, directeur du bureau, a déclaré que « le cauchemar du déplacement à Gaza est à la fois aigu et chronique », soulignant que les perspectives de retour des personnes déplacées vers les zones qu’elles ont quittées sont quasi inexistantes, la plupart d’entre elles se trouvant derrière la soi-disant Ligne jaune et demeurant inaccessibles, sans compter le fait que les habitants subissent des déplacements répétés.
Le bureau a souligné la nécessité pour Israël, en tant que puissance occupante, de mettre fin au transfert forcé des Palestiniens à l’intérieur de la bande de Gaza, estimant qu’il s’agit d’un crime de guerre pouvant également s’apparenter à un crime contre l’humanité.
Il a également mis en garde contre le fait que les forces d’occupation traitent la Ligne jaune comme une « zone d’élimination » et empêchent les Palestiniens de retourner dans ce qu’il reste de leurs logements situés derrière celle-ci.
Le bureau a relevé que la crise du déplacement s’aggrave en raison des restrictions imposées par l’occupation sur l’entrée de l’aide humanitaire et du matériel d’abri, au moment où les bombardements se poursuivent en dépit du passage d’une année depuis l’annonce du cessez-le-feu, contraignant les familles à séjourner dans des abris insalubres.
M. Sunghay a indiqué que la plupart des Palestiniens à Gaza entament leur quatrième année de déplacement et leur quatrième hiver sous des tentes de fortune incapables de résister aux pluies, tout en restant exposés aux bombardements, exprimant l’espoir que cet hiver soit le dernier qu’ils vivent dans de telles conditions.
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