Les pays de l’Union européenne prévoient d’injecter plus de 42 millions de barils de leurs réserves pétrolières
Bruxelles, le 29 octobre /QNA/ Dan Jørgensen, commissaire européen à l'Énergie, a annoncé que les pays de l’Union européenne prévoient d’injecter 42,6 millions de barils de leurs réserves pétrolières stratégiques au cours des prochains mois, à un moment où ils font face à une hausse des prix du pétrole et du gaz et à des craintes de voir s’alourdir la charge énergétique des ménages à l’approche de l’hiver.
M. Jørgensen a déclaré dans des propos à la presse qu’environ la moitié de la quantité qui sera mise sur le marché sera constituée de gazole, dans le cadre des efforts visant à accroître l’offre et à faire face aux pressions sur les marchés de l'énergie, suite à l’engagement pris par les pays du G7, plus tôt en octobre, de mettre sur le marché jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de gazole.
L’Agence internationale de l’énergie avait appelé, mi-octobre, à accélérer la mise sur le marché des quantités restantes de réserves dans le cadre de l’action coordonnée décidée en mars dernier.
L’Agence a rapporté qu’environ 330 millions de barils sur les 400 millions dont la libération a été décidée avaient été mis sur le marché jusqu’à la mi-octobre, tandis que les quantités restantes étaient estimées à environ 100 millions de barils, dont plus de 20 millions de barils de gazole.
Cette démarche coïncide avec la réunion des ministres de l'Énergie de l’Union européenne à Luxembourg aujourd'hui, afin d’examiner les moyens d'alléger les factures des consommateurs et de renforcer la sécurité des approvisionnements avant la saison de chauffe, dans le contexte des répercussions de la guerre américaine et israélienne contre l’Iran, de la guerre russo-ukrainienne et des tensions régionales sur les marchés de l’énergie.
M. Jørgensen a mis en garde contre la possibilité de faire face à un hiver difficile en raison des coûts élevés de l’énergie, indiquant qu'environ 50 millions de personnes en Europe éprouvent des difficultés à chauffer convenablement leur logement.
Il a indiqué que l’Union ne prévoit pas actuellement de problème direct quant à la sécurité des approvisionnements, mais cela ne résout pas la situation des ménages confrontés à des difficultés pour supporter les coûts de l'énergie.
Pour sa part, Roland Lescure, ministre français de l’Économie, a annoncé que son pays mettra sur le marché dans les prochains jours 10 millions de barils de gazole issus de ses réserves stratégiques, une quantité que le gouvernement français avait déjà exprimé son intention de libérer.
Il a ajouté que ces quantités seront mises à la disposition des distributeurs au prix d’acquisition antérieur à la crise, ce qui devrait contribuer à réduire les prix du gazole dans les stations-service françaises de 12 à 18 centimes d’euro par litre sur une période de trois mois, l’effet devant commencer à se faire sentir dès la semaine prochaine.
M. Lescure a qualifié le gazole d’être « au cœur des défis auxquels nous sommes confrontés », exprimant l’espoir d’enrayer la crise « lentement, mais sûrement », tout en affirmant que des options resteront ouvertes pour prendre des mesures supplémentaires, y compris la mise sur le marché d’autres réserves stratégiques.
La libération de ces réserves vise à fournir des approvisionnements supplémentaires temporaires et à atténuer les pressions sur les prix des carburants, en particulier du gazole, bien que son impact dépende de la rapidité de l’arrivée des volumes sur les marchés, de l’évolution de la demande mondiale et de la poursuite des perturbations de la production, du transport et du raffinage.
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