Davos 2026 : une boussole mondiale en période de profonds bouleversements
Doha, le 18 janvier /QNA/ Demain, lundi, les élites politiques et économiques internationales, ainsi que des représentants de la société civile, se réuniront à Davos, dans les Alpes suisses, à l’occasion de la 56e réunion annuelle du Forum économique mondial, qui se tiendra du 19 au 23 janvier sous le thème « L’esprit du dialogue ».
Cette édition du Forum intervient dans un contexte marqué par de profondes transformations géopolitiques, technologiques et sociales. Ce rendez-vous annuel réunit un large éventail de perspectives essentielles pour œuvrer collectivement à la construction d’un monde meilleur en 2026. Il offre également une plateforme neutre permettant aux dirigeants issus de divers secteurs d’échanger sur les défis communs et de promouvoir les innovations appelées à façonner l’avenir.
La conférence de Davos 2026 rassemblera près de 3 000 participants, dont 64 chefs d’État, six dirigeants du Groupe des Sept (G7), la présidente de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen, la présidente de la Banque centrale européenne, Mme Christine Lagarde, ainsi qu’environ 1 700 dirigeants d’entreprises de premier plan représentant 130 pays. Le président américain, M. Donald Trump, participera à la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos et s’exprimera mercredi prochain, une intervention qui devrait marquer ce rassemblement annuel de l’élite mondiale. Le président du Forum, M. Børge Brende, a indiqué, lors d’une conférence de presse, que le président américain sera accompagné de la plus importante délégation jamais envoyée au Forum. Il a également confirmé une forte participation de la Chine, deuxième économie mondiale, avec une délégation conduite par le vice-Premier ministre, M. He Lifeng.
La large participation au Forum reflète une diversité unique de secteurs, d’industries, de gouvernements et de générations, garantissant la pluralité des perspectives nécessaires à l’élaboration de solutions communes. Grâce à une expérience numérique ouverte, à la diffusion en direct des sessions, à une forte présence médiatique et à l’interaction de la communauté via la plateforme du Forum, le dialogue dépasse les frontières de Davos pour atteindre un public mondial.
Le Forum de cette année se concentrera sur cinq axes majeurs : la situation géopolitique et internationale, le développement technologique et son intégration au service des intérêts humains, l’environnement et le climat, l’emploi et les compétences humaines, ainsi que la croissance économique. Les discussions porteront en particulier sur la transformation technologique et le développement des technologies de l’intelligence artificielle, notamment sous l’angle de la cybersécurité, désormais considérée non plus comme une simple question technique, mais comme un enjeu stratégique pour les États et les entreprises. Par ailleurs, compte tenu de la forte consommation énergétique de ces technologies, l’accent sera mis sur la nécessité de suivre leur impact environnemental et d’intensifier les efforts collectifs en faveur des investissements dans les énergies propres.
Concernant l’importance du Forum de Davos en tant que plateforme réunissant les dirigeants des gouvernements, des entreprises et de la société civile, notamment à la lumière du contexte économique et géopolitique actuel, le Dr Abdullah Bandar Al-Otaibi, professeur adjoint au Département des Affaires internationales de l’Université du Qatar, a déclaré, dans un entretien exclusif accordé à l’Agence de presse du Qatar (QNA), que le Forum de Davos constitue l’un des forums annuels les plus importants, rassemblant un grand nombre de chefs d’État et de gouvernement, de dirigeants d’entreprises et de représentants de la société civile. Il a toutefois souligné que l’édition de cette année se tient dans un contexte marqué par de fortes turbulences et un niveau élevé d’incertitude, caractérisé par une polarisation géopolitique accrue. Il a ajouté que l’Amérique du Sud, l’Amérique latine de manière générale, ainsi que l’Europe du Nord, sont confrontées à de nombreux défis, ce qui confère au Forum de Davos plusieurs opportunités de s’affirmer comme un espace de dialogue informel et d’échanges approfondis de points de vue entre les acteurs internationaux sur la scène mondiale.
S’agissant de la signification du thème principal de la 56e édition du Forum économique mondial de Davos, il a expliqué qu’il reflète l’esprit du dialogue, le Forum s’attachant à rassembler en un même lieu des voix internationales diverses afin de débattre, soulignant ainsi l’importance accordée au dialogue cette année. Il a estimé que cet aspect revêt une importance particulière dans la mesure où de nombreux événements, notamment au cours de l’année écoulée, ont profondément perturbé les normes établies du dialogue. Dès lors, le recours au dialogue est devenu essentiel et constitue une nécessité stratégique pour gérer les différends et établir des terrains d’entente, en particulier dans des domaines clés tels que l’économie mondiale, les chaînes d’approvisionnement, l’innovation et d’autres secteurs critiques.
Concernant le défi le plus pressant auquel le Forum de Davos est confronté pour parvenir à des avancées concrètes d’ici à 2026, le Dr Abdullah Bandar Al-Otaibi a indiqué à l’Agence de presse du Qatar (QNA) que, selon lui, ce défi, l’un des cinq identifiés par le Forum, réside dans la coopération au sein d’un monde en proie aux conflits. Il l’a qualifié de plus urgent, dans la mesure où il constitue le fondement de tout progrès dans les autres domaines. Il a expliqué que le déficit significatif de confiance et de coordination entre les puissances internationales entrave l’émergence de nouvelles opportunités de croissance et limite l’efficacité des investissements dans le capital humain et la technologie. Avec l’essor de l’intelligence artificielle et l’intensification de la concurrence entre les entreprises technologiques, voire entre de nombreux États, l’ensemble de ces facteurs revêt une importance capitale. Il a affirmé que, sans coopération internationale, les efforts mondiaux demeureront fragmentés et incapables de produire un impact tangible, soulignant que c’est pour cette raison que le Forum de Davos s’emploie à ouvrir des voies de dialogue.
Abordant les risques liés au développement rapide de l’intelligence artificielle générative et le rôle du Forum à cet égard, il a souligné que ce développement exerce un impact considérable et que le Forum peut contribuer à l’élaboration d’un cadre mondial équilibré permettant d’accélérer l’innovation tout en réduisant les risques. Il a précisé que l’intelligence artificielle générative engendre de nombreux risques, notamment en matière de protection des données personnelles, de violations de données, ainsi que de suppression d’emplois. Ces risques économiques et sociaux revêtent, selon lui, une importance majeure, et le Forum s’attache à réunir des dirigeants d’entreprises technologiques et des experts afin d’examiner de nombreuses questions liées à l’intelligence artificielle, notamment celles relatives à la gouvernance prioritaire et à la protection du marché du travail.
Concernant les indicateurs de réussite du Forum de Davos de cette année, il a souligné, dans ses observations finales à l’Agence de presse du Qatar (QNA), que le succès du Forum ne saurait être évalué uniquement à l’aune du nombre d’annonces ou de partenariats conclus durant sa tenue. Selon lui, sa véritable réussite réside plutôt dans son impact à long terme sur les politiques publiques et les modèles de coopération internationale. Réunissant un large éventail de décideurs, de chefs d’entreprise, d’influenceurs et d’acteurs internationaux, le Forum joue un rôle essentiel dans la promotion du dialogue. Toutefois, la question centrale demeure celle de l’impact concret de ce dialogue tout au long de l’année. Le succès réel du Forum se mesure à sa capacité à revitaliser le dialogue multilatéral, d’autant plus que celui-ci connaît actuellement un recul à l’échelle mondiale en raison de la multiplication des conflits dans plusieurs régions, notamment la situation à Gaza et l’agression ainsi que la guerre génocidaire qu’elle subit, les tensions entre le Venezuela et les États-Unis, ainsi qu’entre les États-Unis et le Danemark au sujet du Groenland, entre autres.
Il a également souligné l’importance des dossiers du Soudan et du Somaliland, qui concernent de nombreux pays et acteurs non étatiques, mettant en évidence la nécessité d’ouvrir des canaux de dialogue et de concertation. Le succès, ou plus précisément l’ampleur du succès, du Forum de Davos de cette année peut ainsi être apprécié à travers la nature des discussions qui s’y sont tenues et leur impact sur l’ensemble de l’année. À cet égard, les résultats du Baromètre de la coopération mondiale 2026 ont mis en évidence la nécessité d’adopter des approches de coopération plus souples et pragmatiques dans un environnement marqué par une incertitude croissante. Fondé sur 41 indicateurs, ce baromètre, publié quelques jours avant l’ouverture du Forum de Davos 2026, a présenté une évaluation globale de la coopération internationale autour de cinq piliers, à savoir le commerce et les capitaux, l’innovation et la technologie, le climat et le capital naturel, la santé et le bien-être, ainsi que la paix et la sécurité. Il a mis en lumière les domaines dans lesquels la coopération se poursuit, les points de fragilité existants et les modalités de réorientation de la coopération face aux transformations économiques, politiques et technologiques.
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