La Première ministre danoise alerte sur l’impact du différend concernant le Groenland sur la sécurité de l’OTAN
Copenhague, le 12 janvier /QNA/ La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a averti que l’aggravation du différend relatif au Groenland pourrait avoir des répercussions directes sur la sécurité de l’OTAN. Elle a souligné que toute menace à l’encontre de ce territoire autonome risquerait de fragiliser le système de défense collective de l’alliance.
Intervenant dimanche lors d’une réunion avec des dirigeants politiques danois, Mme Frederiksen a estimé que le Groenland traverse une période décisive, dans un contexte de pressions américaines accrues et des déclarations du président Donald Trump, qui a fait part de la volonté des États-Unis d’exercer un contrôle sur cette île arctique.
Elle a ajouté qu’« un différend substantiel existe autour du Groenland, au-delà de ce qui est visible », insistant sur le fait que toute menace dirigée contre un membre de l’OTAN compromettrait le cadre de sécurité collective établi depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Dans des publications sur Facebook et Instagram, la cheffe du gouvernement a affirmé que le Danemark demeure « un allié fidèle et constant », engagé dans un important programme de réarmement et prêt à défendre ses valeurs, « y compris dans l’Arctique ». Elle a également réitéré l’attachement de son pays au droit international, au droit des peuples à l’autodétermination et au respect de l’intégrité territoriale.
Dans ce cadre, Mme Frederiksen a annoncé que le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, s’entretiendra la semaine prochaine avec son homologue américain, Marco Rubio, pour des discussions consacrées au Groenland. Cette rencontre fait suite à une demande conjointe du Danemark et du gouvernement local visant à ouvrir un dialogue avec Washington. Elle a indiqué que « le Danemark se trouve à un moment charnière », sans préciser le lieu ni la date exacts de l’entrevue.
Ces développements interviennent alors que le président américain réaffirme que le contrôle du Groenland, riche en ressources, revêt une "importance cruciale" pour la sécurité nationale des États-Unis, face à ce que Washington perçoit comme une influence croissante de la Russie et de la Chine dans l’Arctique. M. Trump avait précédemment reconnu, dans des déclarations à la presse, qu’il pourrait être contraint de choisir entre préserver l’unité de l’OTAN et atteindre l’objectif de contrôle de ce territoire danois.
Le Groenland, qui compte moins de 57 000 habitants et dont près de 80 % du territoire sont couverts de glace, jouit d’une large autonomie au sein du Royaume du Danemark, membre de l’OTAN. Sa population a à plusieurs reprises exprimé son opposition à une intégration aux États-Unis, tandis que Copenhague réaffirme son attachement aux principes de souveraineté et de droit à l’autodétermination, conformément au droit international.
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