Le Qatar renouvelle sa condamnation de l’agression israélienne et appelle à des mesures internationales contre l’impunité
Genève, le 16 septembre /QNA/ L’État du Qatar a participé aujourd’hui à une session extraordinaire du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, dans le cadre de sa soixantième session, consacrée à l’agression israélienne perfide ayant visé Doha.
La délégation qatarie était conduite par Son Excellence Dr Maryam bint Ali bin Nasser Al Misnad, ministre d’État à la coopération internationale.
Dans une déclaration prononcée au nom de l’État du Qatar et soutenue par plus de 75 pays, Son Excellence a adressé ses vifs remerciements au Conseil pour sa réactivité dans la convocation de cette session extraordinaire, tout en mettant l’accent sur le rôle essentiel de cette instance dans la protection des droits humains, ainsi que dans la promotion de la paix et de la sécurité internationales. Son Excellence a également salué les positions des États membres ayant soutenu cette initiative en cette période critique.
Son Excellence a rappelé que le mardi 9 septembre 2025, le Qatar a été la cible d’une agression israélienne perfide, sous forme de bombardement aérien ayant frappé une zone civile densément peuplée au cœur de Doha, à proximité de missions diplomatiques, d’écoles, de jardins d’enfants et de mosquées. Cette zone abrite environ cinq mille personnes, dont des familles qataries, des résidents, des femmes et des enfants, a expliqué Son Excellence la ministre d’État à la coopération internationale.
Et Son Excellence de poursuivre : « Cette attaque a entraîné des pertes humaines, notamment le martyre de Badr Saad Al-Dosari, un agent des services de sécurité âgé de 22 ans, et a fait dix-huit blessés. Ce bombardement constitue non seulement une violation flagrante de la souveraineté du Qatar et de l’intégrité de son territoire, mais aussi une atteinte grave aux droits fondamentaux de l’homme : le droit à la vie, à la sécurité, à la protection de l’enfance et à l’éducation, tels que consacrés par les instruments internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Convention relative aux droits de l’enfant ».
Son Excellence la ministre d’État a indiqué que cette agression constitue une violation flagrante du droit international humanitaire, dans la mesure où elle a visé une zone exclusivement résidentielle. Elle a également affirmé que cette attaque contre un État membre à part entière des Nations Unies pourrait être qualifiée de terrorisme d’État et représente une menace directe pour la paix et la sécurité régionales et internationales.
Elle a expliqué que la portée de cette attaque est d’autant plus préoccupante qu’elle a visé un État médiateur engagé, en coordination avec les États-Unis et l’Égypte, dans des efforts soutenus pour instaurer un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, rappelant que cibler un État médiateur équivaut à porter atteinte au principe fondamental de la négociation et constitue une tentative délibérée de sabotage des efforts de paix.
Son Excellence a rappelé que la médiation qatarie a déjà produit des résultats concrets, notamment la libération de 135 otages, apportant un soulagement considérable à des centaines de familles israéliennes. Elle a également mis en avant le rôle déterminant joué par le Qatar dans la conclusion d’une trêve, qui a offert un répit aux civils de Gaza et permis l’acheminement d’une aide alimentaire, en particulier aux enfants touchés par les bombardements et les privations.
Dans ce contexte, Son Excellence a déclaré : « Ces expériences démontrent que la médiation qatarienne ne relève pas du symbole, mais constitue une action concrète ayant permis de sauver des vies, de rétablir des droits et de raviver l’espoir d’une résolution pacifique des conflits. Dès lors, s’en prendre à l’État médiateur revient non seulement à compromettre le processus de négociation, mais également à réduire à néant les perspectives de sauver d’autres vies et de parvenir à une paix durable ».
Son Excellence la ministre d’État à la coopération internationale a réaffirmé que cette agression ne constitue pas un acte isolé, mais s’inscrit dans le cadre d’une campagne plus vaste visant à discréditer le rôle du Qatar et à faire obstacle à ses efforts diplomatiques. Elle a, à cet égard, évoqué les déclarations du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a explicitement exprimé son intention de poursuivre les menaces à l’encontre d’autres États — une escalade dangereuse, susceptible de plonger la région, voire le monde, dans une dynamique de violations systématiques du droit international. Elle a insisté sur la nécessité d’une réponse responsable de la communauté internationale, faute de quoi les événements de Doha pourraient se multiplier dans d’autres capitales.
En ce qui concerne la position arabe, islamique et internationale, Son Excellence a rappelé le sommet extraordinaire arabo-islamique tenu à Doha, qui a unanimement condamné l’agression et rejeté toute tentative de justification, la qualifiant de violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies. Le sommet a réaffirmé le principe de sécurité collective et de destin commun, précisant que la légitimité internationale et les résolutions de l’ONU demeurent les fondements essentiels pour établir la paix et la sécurité.
Son Excellence a poursuivi : « Nous sommes tristement habitués aux récits de morts, d’attaques et de famines qui marquent notre époque. Face à cela, une interrogation s’impose : à quoi devons-nous nous attendre désormais ? Quel signal envoyons-nous au monde si nous ne parvenons pas à enrayer la haine et la violence à travers les traités internationaux ? Et quel exemple offrons-nous aux générations futures concernant le respect des droits humains et la foi dans les lois ? »
Dans ce contexte, Son Excellence s’est interrogée : « Ne devons-nous pas, par devoir, œuvrer à tracer un chemin vers la paix, afin de nous habituer à la vie plutôt qu’à la mort, au respect du droit plutôt qu’au chaos, à l’unité plutôt qu’à la division ? Le monde mérite d’être un foyer sûr pour tous ses peuples. »
Elle a signalé que la disparition de l’État de droit conduirait à la primauté de la force sur la justice, transformant le monde en un terrain de conflits sans règles, et détruisant la confiance dans les lois, les traités et les mécanismes internationaux. Son Excellence a déclaré : « C’est pourquoi le Qatar appelle le Conseil des Droits de l’Homme à mobiliser ses instruments, assurer que les responsables soient tenus pour compte, et sauvegarder la dignité du droit et celle de l’humanité. »
Son Excellence a réaffirmé la condamnation ferme par le Qatar de l’agression israélienne perfide et de ses conséquences sur les civils, appelant le Conseil des Droits de l’Homme et la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour traduire les agresseurs en justice et prévenir toute forme d’impunité. Elle a mis en garde contre la gravité de l’attaque visant les États médiateurs, la qualifiant de précédent dangereux qui menace directement les processus de négociation et les initiatives de paix. Elle a plaidé en faveur de la mise en place de mécanismes internationaux pour préserver et sécuriser le rôle de la médiation. Elle a également réitéré que, malgré cette attaque, le Qatar reste pleinement engagé dans la voie de la médiation et de la paix, par fidélité à ses responsabilités morales et juridiques.
Son Excellence a conclu en affirmant que le Qatar reste convaincu que le Conseil des Droits de l’Homme ne tolérera aucune atteinte aux principes fondamentaux des droits humains, espérant que le Conseil placera la protection du droit international au cœur de ses priorités, afin de garantir la stabilité, préserver le rôle de la médiation comme levier essentiel de résolution des conflits, et assurer aux peuples la jouissance de leurs droits et libertés dans un climat de paix et de sécurité.
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