Directeur du Département de la richesse animale du ministère des Municipalités : Le Qatar a atteint une autosuffisance totale en produits laitiers et en volaille fraîche
Entretien exclusif avec l'Agence de presse du Qatar
Doha, le 10 juin /QNA/ L'État du Qatar a franchi une étape majeure vers l'autosuffisance dans le domaine des produits animaux de base, a affirmé l'ingénieur Abdulaziz Al-Ziyara, directeur du département de la richesse animale au ministère des Municipalités. Il a précisé que le secteur de l'élevage connaît une croissance soutenue grâce au développement des infrastructures et des services vétérinaires, ce qui contribue à renforcer la sécurité alimentaire nationale.
Dans une interview exclusive accordée à l’Agence de presse du Qatar (QNA), M. Al-Ziyara a indiqué que la production locale annuelle s’élevait à environ 202 000 tonnes de lait, 25 000 tonnes de viande de volaille fraîche, 16 000 tonnes d’œufs de consommation et 9 000 tonnes de viande rouge. Il a précisé que le taux d’autosuffisance atteignait 100 % pour les produits laitiers et la viande de volaille fraîche, 34 % pour les œufs de consommation et environ 15 % pour la viande rouge.
Il a révélé que le cheptel économique du pays atteignait, fin décembre 2024, près de 1,1 million de têtes, réparties entre ovins (60 %), caprins (29 %), bovins (3 %) et chameaux (8 %).
Évoquant les principaux défis, M. Al-Ziyara a souligné le coût élevé des intrants de production, indiquant que le ministère s’efforce de rationaliser le soutien gouvernemental en subventionnant jusqu’à 70 % des composants alimentaires et en organisant des campagnes gratuites de vaccination contre les maladies épidémiques.
Il a mis en exergue plusieurs initiatives visant à appuyer les éleveurs et les investisseurs, notamment le développement des infrastructures des complexes agricoles, l’extension du programme de surveillance des maladies animales, l’ouverture de centres vétérinaires à Al Shamal et Abu Nakhla, ainsi que la construction de deux nouveaux centres à Al Wakra et Al Karaana. Le ministère poursuit également la réhabilitation des laboratoires vétérinaires, leur certification ISO, et l’équipement des installations de quarantaine vétérinaire conformément aux normes internationales, y compris une quarantaine spécialisée pour les chevaux.
Sur le plan de la surveillance sanitaire, M. Al-Ziyara a assuré que le ministère applique un système de suivi épidémiologique en coordination avec le ministère de la Santé publique, et impose des procédures strictes d’inspection aux points d’entrée terrestre, maritime et aérien.
Il a précisé que les services fournis gratuitement aux éleveurs comprennent des soins vétérinaires, des consultations, la fourniture d’eau potable adaptée à chaque espèce, et une aide en nature pour l’alimentation concentrée.
Il a souligné que la dépendance aux importations a nettement reculé pour les produits laitiers, la viande de volaille et les œufs de consommation, mais demeure élevée pour la viande rouge. Pour y remédier, le ministère soutient le secteur traditionnel, sensibilise les éleveurs, réglemente les ventes en partenariat avec la société Widam, attribue des terres à des projets d’élevage et fournit un accompagnement technique aux projets privés.
Le pays compte actuellement 48 projets d’élevage agréés, dont 32 opérationnels et 16 en cours de construction. Parmi ceux-ci figurent deux projets avicoles pour la production d’œufs et un autre pour la collecte d’œufs locaux, ainsi que 13 projets d’élevage pour la viande rouge, répartis entre exploitations privées et nouvelles installations proches de complexes agricoles.
S’agissant des technologies modernes, M. Al-Ziyara a indiqué qu’un programme est mis en œuvre en partenariat avec le ministère des Transports dans le cadre de l’initiative « Tasmu », visant à identifier électroniquement le bétail et à développer un système d’information médicale vétérinaire. Un système de suivi électronique des déplacements des animaux devrait être lancé d’ici fin 2027.
Le ministère encourage également le secteur privé à contribuer aux efforts de sécurité alimentaire en attribuant des terres à des projets d’élevage, de production d’aliments concentrés et de recyclage des déchets animaux pour la fabrication d’engrais organiques. Ces projets sont actuellement en phase d'autorisation et de construction.
En conclusion, M. Al-Ziyara a souligné que le ministère ambitionne de positionner le secteur de l’élevage comme un pilier fondamental de la sécurité alimentaire nationale, à travers la réalisation de projets stratégiques tels que la modernisation des complexes agricoles, la création de parcs de production, de fermes modèles, et la mise en place d’un système intégré d’information médicale vétérinaire. Il a appelé les éleveurs à adopter les meilleures pratiques d’élevage, à optimiser l’usage des terres, à sélectionner des races à haut rendement et à assurer un suivi rigoureux de la production.
English
Français
Deutsch
Español