Le ministre d’État chargé de l’Énergie : La directive européenne sur le devoir de diligence en matière de durabilité des entreprises est difficile à mettre en œuvre
Doha, le 23 octobre /QNA/ Son Excellence l’ingénieur Saad bin Sherida Al Kaabi, ministre d’État chargé de l’Énergie, a souligné que la directive européenne sur le devoir de diligence en matière de durabilité des entreprises (CSDDD) est difficile à mettre en œuvre par les entreprises énergétiques et industrielles mondiales opérant sur le marché européen.
Ces propos ont été tenus lors d’une conférence de presse organisée à la suite de la publication du communiqué final de la 27ᵉ réunion ministérielle du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). Son Excellence a indiqué que la non-application de cette directive permettrait à l’Union européenne d’éviter de nuire à ses investissements et à sa sécurité énergétique.
La directive européenne sur le devoir de diligence en matière de durabilité des entreprises impose une amende équivalente à 5 % du chiffre d’affaires mondial aux entreprises opérant sur le marché européen qui ne s’y conforment pas.
Son Excellence a souligné que l’une des exigences de cette loi consiste à maintenir le même taux d’émissions de carbone, ce qui est incompatible avec les ambitions d’expansion. Le Qatar prévoit d’augmenter sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) de 77 millions de tonnes à 160 millions de tonnes par an, notamment grâce au projet Golden Pass aux États-Unis, ainsi que sa production d’urée de 6 millions à 12 millions de tonnes par an.
Son Excellence a expliqué que, compte tenu de ces objectifs d’expansion, il est impossible que ces projets ne dépassent pas les émissions actuelles du Qatar. Il a déclaré : « La plupart des entités développant leurs opérations ne peuvent maintenir le même niveau d’émissions, que ce soit dans le secteur pétrolier et gazier ou dans les industries connexes. »
Il a ajouté : « Il est évident que toutes les entités engagées dans des projets d’expansion sont dans l’incapacité de réduire leurs émissions de dioxyde de carbone, et nous sommes donc tous en infraction avant même l’application de cette loi. » Son Excellence a affirmé que cette directive empêchera de nombreuses entreprises internationales d’opérer en Europe.
Pour sa part, M. Mohammed Hamel, secrétaire général du Forum des pays exportateurs de gaz, a souligné que l’Union européenne tente d’imposer ses règles à d’autres pays, ce qui entraîne d’importantes répercussions.
Il a déclaré : « Nous croyons au dialogue et à la coopération pour garantir que ces règles n’aient pas d’impact négatif sur le marché de l’énergie, notamment sur le marché du gaz et sa stabilité. »
Il a ajouté que les membres du Forum des pays exportateurs de gaz appliquent plusieurs mesures visant à réduire les émissions de méthane et à investir dans le captage et le stockage du carbone afin d’atténuer leur empreinte carbone. Il a précisé : « Cependant, nous agissons de manière souveraine, en tenant compte de nos situations et capacités nationales, dans une approche globale qui prend en considération toutes les mesures d’atténuation des risques susceptibles d’affecter d’autres pays. »
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